Ma sélection de Noël. Quatre Beaux livres pour voyager, admirer et… se révolter en douceur.


Femmes d'ici, cuisine d'ailleursIl y a 50 ans... Mai 68, Jacopozzi, Magnum Manifeste. Par Guillaume Chérel.



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Chronique littérature


Femmes d'ici, cuisines d'ailleurs
https://www.amazon.fr/50-ANS-MAI-68/dp/2035936624/ref=sr_1_1?s=books&ie=UTF8&qid=1511797889&sr=1-1&keywords=Il+y+a+50+ans%E2%80%A6+Mai+68
Jacopozzi : Le magicien de la lumière
Magnum Manifeste


Elle n’est pas blême… la cuisine des HLM

 

Dans mon roman Les enfants rouges (Flammarion 2001 / J’ai Lu 2004), j’évoquais avec nostalgie l’odeur de chaque pallier de mon HLM, à Bagnolet (9.3), lorsque j’allais chez mes copains du quartier.

 

Chaque appartement avait sa senteur venue d’ailleurs : massalé, au rez-de-chaussée (coriandre, cumin, fenugrec, moutarde...), couscous (cumin, paprika, safran, 4 épices, ras el hanout, gingembre, cannelle), au premier, paella au deuxième, riz cantonais au troisième, etc…

 

C’est à ça que me fait penser Femmes d’ici, cuisine d’ailleurs.

 

Depuis 2014, sous l’impulsion de Boris et son équipe, l'association Vrac propose aux habitants de quartiers populaires de l'agglomération lyonnaise d'acheter des produits bios et locaux, à des prix très abordables, et entend ainsi lutter contre la discrimination par la nourriture.

 

Un jeune cuisinier, qui s’est fait connaître à l’émission Top Chef, Grégory Cuilleron (reconnaissable à son avant-bras gauche handicapé… et à son bonheur de vivre), s’est investi dans le projet. Restait à trouver la plume, pour raconter cette aventure collective. Rien de moins qu’un récent prix Goncourt : Alexis Jenni, ex-prof de biologie, qui a reçu le prix en 2011 pour son premier roman publié, L’art français de la guerre.

 

S’ajoute au casting quinze femmes, de différentes origines, qui ouvrent leur cuisine, et font partager « LE » plat auquel elles tiennent. Un plat de famille venu d'ailleurs, simple et délicieux, qui évoque les souvenirs et réchauffe les coeurs.

 

Tout en le préparant, elles racontent comment on leur a transmis, comment elles l'ont transformé, et puis finalement toute leur histoire, comment elles sont arrivées en France, et comment elles y vivent.

 

Voici le récit délicieux de quinze femmes d'aujourd'hui, qui révèlent leurs trésors culinaires familiaux, ou comment voyager loin sans quitter l’hexagone.

 

Femmes d’ici, cuisine d’ailleurs : trésors culinaires familiaux, d’Alexis Jenni, préface de Grégory Cuilleron, 224 p, 29, 90 €, Albin Michel

 

Guillaume Chérel

Relecture : Pascale Barbey

 


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Femmes d'ici, cuisines d'ailleurs
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Jacopozzi : Le magicien de la lumière
Magnum Manifeste


Tout le monde n’a pas eu la chance

d’avoir des parents gauchistes…

 

Quand j’avais 4 ans, je n’étais pas grand… mes parents vendaient et lisaient l’Humanité. Pour moi Mai 68, ça évoque un voyage à la campagne, pour nous éloigner de Paris bloqué, ma sœur et moi.

 

Je me souviens aussi qu’un animateur de centre de loisir les avaient quasiment insulté sous mes yeux, quand j’avais une dizaine d’années. Puis le cinéaste Romain Goupil s’en est pris à ma mère, plus de vingt ans après, lors d’une séance de dédicace de mon premier livre (une Poulpe).

 

Bref,  on m’a appris que ce « gauchisme » était cette maladie infantile du communisme, comme disait Lénine. 

 

Les nostalgiques (devenus publicitaires, ou journalistes à Libé et Actuel), qui avaient vingt ans en Mai 68, auront donc la larme à l’œil en ouvrant Il y a 50 ans… Mai 68. 

 

Les plus jeunes, comme moi, auront un aperçu de ce qui s’est vraiment passé, il y a cinquante ans, quand leurs parents étaient jeunes, et pratiquaient le sexe libre en écoutant du rock. Les plus vieux continueront à râler…

 

Comme le général de Gaulle, évoquant cette « chienlit ». Reste que l’ouvrage publié par les éditions Larousse, pour commémorer cet anniversaire, est composé de documents remarquables, et pour la plupart inédits : des affiches, des tracts, des unes de journaux ou des dessins et chansons en tirages à part, type fac-similés, remarquables. De nombreux slogans de cette époque ont survécus : Il est interdit d’interdire… Soyons réalistes, exigeons l’impossible (Che Guevara), CRS… SS ! Ssssss…    

 

Le fait est qu’il y a 50 ans, le Quartier latin, à Paris se couvrait de barricades, et des ouvriers ont bloqué les usines. Le pays entier s’est immobilisé alors que la société changeait profondément. Mai 68 est un moment clé, fort, fondateur de notre histoire politique, culturelle et sociale. À tel point qu’il est devenu une référence souvent convoquée dans les discours et les débats encore aujourd’hui. Rien, après ce printemps-là, ne fut plus jamais comme avant.


Superbement illustré, ce livre dévoile aussi un autre visage de Mai 68 : il réinscrit ces événements dans un paysage plus vaste, dans la capitale certes, mais aussi en province, en Europe et dans le monde entier.

 

S’est-on autant soulevé à Grenoble, à Nantes qu’à Paris ? Comment Mai a-t-il été vécu et ressenti par les paysans, les femmes, les immigrés, les artistes ou les intellectuels ? Comment cette révolution a-t-elle été perçue chez nos voisins allemands ou britanniques ? Et quelles étaient les aspirations réelles de ces millions de Français qui voulaient en finir avec une société considérée comme autoritaire ? De l’université de Nanterre aux bancs de la Sorbonne, de Paris à Toulouse, des premières grèves ouvrières aux accords de Grenelle, de Daniel Cohn-Bendit à Georges Séguy, redécouvrez la diversité et la richesse incroyable des rêves qui, pendant quelques semaines, et les années qui suivirent, animèrent et enchantèrent la France.

 

Vivez ou Revivez l’histoire de ce printemps fabuleux au cours duquel le mot liberté reprit tout son sens. Dommage qu’on ait oublié le mot révolte

 

Il y a 50 ans… Mai 68, d’Eric Alary, 128 p, 29, 95 €, Larousse.

 

Guillaume Chérel

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Jacopozzi : Le magicien de la lumière
Magnum Manifeste


Le magicien des lumières

 

On a beau détester Noël (il y en a), comment ne pas être enchanté par les illuminations, pendant les Fêtes, surtout au gris mois de novembre ?

 

Les éditions Douin ont eu l’heureuse idée de rendre hommage à  Jacopozzi (Fernand, de son prénom), un Italien arrivé en France en 1900, dont le nom s’est éteint, alors que nous lui devons les illuminations de Noël.

 

Ce magicien des lumières a beau s’être inspiré des américains, « Paris ville-lumière », et la Tour Eiffel illuminée, c’est à Jacopozzi qu’on le doit !

 

Fabien Sabatès, l’auteur de ce livre, a travaillé trente ans sur ce projet. Il était effectivement temps de lui rendre hommage.

 

Installateur de guirlandes lumineuses, électricien autodidacte de génie, Fernand Jacopozzi invente les illuminations animées sur le principe des boîtes à musique. Ces installations où les lampes s’allument et s’éteignent selon un rythme bien précis, font fureur auprès des boutiquiers, dont les motifs lumineux animés attirent la clientèle.

 

Le succès est foudroyant. En 1913 et pendant la guerre, il crée des cinémas clés en main. En 1917, il invente un incroyable faux-Paris pour tromper les aviateurs ennemis, ce qui lui vaudra une Légion d’Honneur secrète.

 

Après-guerre, il devient le « roi de l’enseigne lumineuse » et chaque Noël sera pour lui et son équipe l'occasion de créer des fééries animées et colorées extraordinaires, majestueuses, immenses, sur les façades de tous les grands magasins.


En 1925, pour les Arts Décoratifs, il illumine la Tour Eiffel pour Citroën, changeant de motif chaque année. En 1928, toujours avec l’argent d’André Citroën, il illumine tous les monuments parisiens pour le 10e anniversaire de l’armistice quand Paris était chaque soir dans le noir. Des illuminations inédites toujours en place aujourd’hui.


En 1930 il offre à Paris l’illumination de Notre-Dame… et tant d’autres choses encore qu’il fait émerger des nuits noires, jusqu’à sa mort prématurée en 1932.

 

C’est son histoire que nous raconte Fabien Sabatés, épaulée des archives conservées et retrouvées par sa petite-fille, Véronique Tessier Huort.

 

Jacopozzi (1000 photos et illustrations), de Fabien Sabatés, 448 p, 45 euros. Editions Douin.

 

Guillaume Chérel

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Jacopozzi : Le magicien de la lumière
Magnum Manifeste


Qu’est-ce que Magnum ?

 

Pas la série télé, non… créé en 1947, Magnum est un groupe de photographes de haute volée qui parcourent le monde entier pour photographier des événements marquants.

 

Magnum est une entreprise dont la cohésion tient au liant immatériel d’espoirs et de rêves.

Magnum est une idée, l’esprit d’une tradition, un état d’esprit.

Magnum est toujours en débat et ne cesse de se renouveler.

Magnum est, et doit se battre le demeurer, un anachronisme.

Magnum est un paradoxe.

Magnum est un mythe et une supercherie !

Magnum, c’est ce qu’il y a de mieux…

Magnum est une sorte de miracle par sa seule existence.

Magnum est un creuset de contradictions.

Magnum est la photographie.

 

Entre légende et réalité, crises endémiques et renaissances, les photographes de Magnum Photos, dont Robert CapaHenri Cartier-Bresson

Sebastiao Salgado et Raymond Depardon sont les plus connus, sont parvenus à construire le seule exemple de coopérative autogérée qui a su traverser, accompagner et documenter les mutations profondes de l’histoire du monde.

 

Les éditions Actes Sud publient un superbe Livre-somme, à l’occasion du 70e anniversaire de la création de l’agence. Fruit de longues recherches, Magnum Manifeste nous livre, à travers des documents, témoignages, correspondances, essentiellement inédits, l’histoire intime et publique de cette extraordinaire saga, et nous plonge au cœur des laboratoires Magnum et de sa permanente ébullition.

 

Au moment où quasiment toutes les grandes agences de photo sont en crise, alors que l’image est partout : ceci expliquant sans doute cela.

 

 

Magnum Manifeste, 413 p, 55 €, Actes Sud

 

Guillaume Chérel

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