'Comme une grande ' et 'Le Mur dans la peau'




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Chronique littérature


Deux auteures-autrices-écrivaines pas tristes


Comme une grande
Le Mur dans la peau


J’ai eu la chance de rencontrer ma première, Luce Marmion (une grande blonde), dans un rade de panamele Barak, près de l’hôpital Saint-Louis, et qui vient de publier son deuxième roman noir, « Le mur dans la peau », chez Pavillon Noir, un éditeur indépendant, dont l’emblème dresse le pavillon des corsaires.

 

Et je ne désespère pas de faire la connaissance de ma deuxième, Elisa Fourniret (une belle blonde), qui crèche aussi dans la capitale et l’héroïne de son premier roman, « Comme une grande », est souvent « tankée » dans les bars du 11e et du 20e arrondissement de Paname. Autant dire qu’elle traîne ses guêtres dans les mêmes quartiers que moi.


 

L’histoire commence à Longwy, en Lorraine. Ses parents, descendants d’immigrés polonais et italiens, sont ouvriers, en lutte comme des milliers d’autres dans cette région où l’industrie sidérurgique portée par Usinor- Sacilor finit de s’écrouler. 

 

Lorraine Cœur d’Acier, ça vous dit quelque chose ?

 

Ce fut une radio dans un fief communiste, et c’est devenu un repère de frontistes effrontés. Passons…

 

Bref, ceux qui vivent comprendront de quoi elle parle lorsqu’elle évoque la casse humaine dont sa famille a réchappée en quittant la région, et donc en changeant de vie. Mais pour découvrir d’autres difficultés :

 

« J’enrage du rythme de dingue, de me sentir écartelée entre le taf, la vie de famille, l’amour avec mon homme, la difficulté d’être maman et maîtresse dans le même espace-temps, le perpétuel manque de fric, la nécessité de la création. Tout ce business est le fruit de mes choix de vie, mais bon dieu, y’a des moments, je te jure, où l’amertume pourrait m’attraper dans sa main glacée. »

 

Aujourd’hui, la narratrice a quarante ans et revendique sa liberté chèrement gagnée, au prix de petits boulots dévalorisés. Comme une « grande », elle élève son fils, pilotant « seule, vaille que vaille, un rafiot conçu à deux ».

 

Pas si simple de tout mener de front et vivre intensément sa vie amoureuse, professionnelle, etc. C’est le sort de millions de femmes de l’ombre et c’est en déambulant dans les rues et les bistrots de l’Est parisien : Belleville, Ménilmontant, Bastille, qu’elle se remémore ses années de jeunesse, lorsqu’elle était amoureuse d’un jeune acteur qui tentait la Rue Blanche

 

Voilà une déambulation dans Paris inspirée par Modiano, pour la déambulation nostalgique, mais dans un style plus populaire, moins ampoulé…

 

C’est plein d’humour à la Arletty quasi (« Atmosphère ! Atmosphère ! »), ou plutôt Catherine Ringer des Rita Mitsouko.

 

Ce walk-movie urbain est ponctué de souvenirs de son enfance, près des hauts-fourneaux – joyeuse, malgré les galères - et de dialogues tendres avec son fils.

 

Il raconte aussi les rencontres, l’amour, le sexe. Et l’incessante recherche de compromis avec « l’autre, qu’on a aimé », le père de l’enfant, aujourd’hui envolé.

 

Un roman qui s’interroge sur la féminité et la parentalité sans être girly-girly fleur bleue. 

 

C’est manifestement une battante au cœur tendre, cette Elisa Fourniret (45 ans), par ailleurs responsable de la Maison des Auteurs - SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques), à Paris.

 

Une néo-poulbote qui connaît la vie. Pas un bouquin de bobo.

 

Comme une grande, d'Élisa Fourniret, 240 p,

19,50 euros, Mauconduit éditeur. 

 

Guillaume Chérel

Relecture : Pascale Barbey


Deux auteures-autrices-écrivaines pas tristes


Comme une grande
Le Mur dans la peau


Ayant pour cadre Paris également, Le Mur dans la peau, de Luce Marmion, est un polar de facture classique. Au sens où il est question d’un anti-héros, « une force de la nature », qui part en chasse, jusqu’à New York, dans le milieu du graffiti sur les traces d’un serial-killer qui se sert des sites de rencontre pour piéger ses victimes.

 

Adrien Magadur est un quadragénaire parisien originaire de Bretagne. Ancien policier, il est employé par l’agence de détectives Demorsy et a pour partenaires la rousse Alice Sommeville et Franck Vermois, un geek. 

 

Adrien est resté en contact avec un ex-collègue du 36, Quai des Orphèvres, Sofien Yabrir, Kabyle d’origine. Orphelin tôt, il a fréquenté jadis Enora Kerneur dans le Morbihan. 

 

Aujourd’hui, la jeune femme possède une galerie d’art dans le Marais, et est divorcée d’un riche Iranien, architecte international. Bref, elle est pétée de tunes. 

 

Mais elle a recours aux services de l’agence Demorsy car son amie, Audrey Becker, native de Strasbourg, a disparu. Audrey était inscrite sur un site de rencontres. 

 

Le geek Franck Vermois repère un pseudo, Vaslav, dont Audrey a été une des amies. L’enquête commence… 

 

De son côté Alexis est invité à un vernissage, à la galerie d’Enora. C’est là qu’il fait la connaissance de Marie, seize ans, la fille d’Alice Sommeville. Une jeune fille douée pour le street art. 

 

Alexis est fasciné par elle. Il s’arrange pour la recontacter et deviennent amis. Pendant ce temps, Adrien Magadur et son équipe poursuivent leurs recherches.

 

Ici aussi nous sommes dans le Paris d’aujourd’hui, branché, réel. Passionnée d’écriture, Luce Marmion, déjà auteure du Vol de Lucrèce, chez le même éditeur, livre là un roman policier de bonne facture qui ravira les amateurs du genre. 

 

 

Le Mur dans la peau, de Luce Marmion, 332 p,

14 €, Pavillon Noir, collection Corsaire.

 

Guillaume Chérel

Relecture : Pascale Barbey





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