Aux confins du monde




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Chronique littérature


Aux confins du monde

 

Le nouveau Marcel Proust est un viking

 

Il est beau, il est encore jeune et il écrit comme il pisse. A la recherche du bon vieux temps perdu… Le norvégien Karl Ove Knausgaard est la nouvelle coqueluche de ces dames.

 

 


C’est une sorte d’Olivier Adam, en plus grand et plus costaud : un toto belle gueule, barbu blond, qui aligne les livres tirés à la ligne. J’en avais entendu tellement de bien que j’ai essayé et je me suis ennuyé, tout simplement parce que c’est trop long justement. 

On se demande à quoi sert son éditeur : il fallait couper, couper, dégraisser : le B-A BA du métier.

 

Monsieur écrit sa bio en direct-live et comme sa vie n’est pas toujours passionnante, ça donne un long et mou prétendu roman. 

Un aparté à ce sujet, les éditions Grasset ont osé accoler le mot « roman » au dernier livre de Frédéric Belvédère (pas question de citer cette daube ici)… 

 

Une sorte d’enquête ni faite ni à faire où il cause de lui lui lui, comme d’hab’, parce que monsieur a peur de mourir à 50 ans… de vieillir, quoi. 

Bref, c’est tout sauf un roman, sa pseudo enquête battue et rebattue. Belvédère c’est la nouvelle Martine… prend de la cocaïne ; Martine divorce ; Martine achète une maison au Pays Basque, au secours ! 

Récemment, les éditions Julliard ont aussi appelé « Roman » la nouvelle enquête de l’inspecteur Jaenada. 

 

Et Knausgaard, c’est pareil : il raconte sa vie par la menu (papa n’était pas gentil et il est mort, comment j’aimais ma femme ; comment j’ai été reçu comme jeune prof dans un bled paumé, etc…). 

 

C’est pas du roman. Mais son journal intime. Et comme ils manquent de lumière en Scandinavie, il occupe son temps à écrire, pour ne pas se suicider.

 

À dix-huit ans, fraîchement sorti du lycée, Karl Ove Knausgaard part vivre dans un petit village de pêcheurs au nord du cercle arctique, où il sera enseignant. 

 

Il n'a aucune passion pour ce métier, ni d'ailleurs pour aucun autre : ce qu'il veut, c'est mettre de côté assez d'argent pour voyager et se consacrer à l'écriture. 

 

Tout se passe bien dans un premier temps : il écrit quelques nouvelles, s'intègre à la communauté locale et attire même l'attention de plusieurs jolies jeunes femmes du village. 

 

S'installe peu à peu la nuit polaire, plongeant dans l'obscurité les somptueux paysages de la région et jetant un voile noir sur la vie de Karl Ove. 

 

L'inspiration vient à manquer, sa consommation d'alcool de plus en plus excessive lui vaut des trous de mémoire préoccupants, ses nombreuses tentatives pour perdre sa virginité se soldent par des échecs humiliants, et pour son plus grand malheur il commence à éprouver des sentiments pour l'une de ses élèves. 

 

Entrecoupé de flash-back où l'on découvre l'adolescence de Karl Ove, et grâce auxquels on distingue l'ombre omniprésente de son père, Aux confins du monde capture d'une main de maître le mélange enivrant d'euphorie et de confusion que chacun traverse à la fin de l'adolescence. Pouêt pouêt tralala.

 

Par une belle journée d’août 1969, une famille emménage dans sa nouvelle maison de Tromøya, dans le sud de la Norvège. C’est ici que le fils cadet, Karl Ove, va passer son enfance, rythmée par les expéditions à vélo, les filles, les matchs de football, les canulars pyrotechniques et la musique. 

 

Pourtant, le jeune Karl grandit dans la peur de son père, un homme autoritaire, imprévisible et omniprésent. 


Ce troisième opus est le portrait sans fard d’un enfant à la personnalité complexe et terriblement sensible. 

 

Knausgaard y dépeint un monde dans lequel enfants et adultes évoluent selon des trajectoires qui ne se croisent jamais, cette période de la vie durant laquelle chaque victoire et chaque défaite est ressentie avec violence, où toute tentative de se construire est vouée à la frustration. 


Un récit sur l’enfance et la famille, doublé d’un portrait de l’écrivain en jeune homme, nouveau volume de l’exceptionnelle fresque autobiographique de Karl Ove Knausgaard. 

 

Peut-on ressusciter une enfance ? Devenu père, Karl Ove Knausgaard se penche sur ce continent englouti. 

 

Il se retrouve face à cet autre lui-même, gamin trop sensible grandi à l'ombre d'un frère solaire, d'une mère souvent absente et d'un père aux colères imprévisibles. 

 

La lente maturation des sentiments, les flirts inquiets, la passion du rock et ce défaut de prononciation des r, qui lui gâche l'existence... 

 

Knausgaard dessine une carte ultrasensible de ses premières années. Un voyage affectif d'une fidélité absolue qui réserve des instants de pure lumière. Bla bla bla. Pffff… 

 

Donnez-lui un fusil et qu’on n’en parle plus. 

 

Bon, à part ça, c’est traduit du norvégien par Marie-Pierre Fiquet.  Ça fait 656 pages chez Denoël et c’est moins cher chez Folio poche.

 

Aux confins du monde, par Karl Ove Knausgaard, Denoël (24, 50 €). Les autres livres ont été publiés en poche chez Folio / Gallimard ; Un homme amoureux ; La mort d’un père ; Jeune-homme 

 

Guillaume Chérel

Relecture : Pascale Barbey





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