RUGBYCIDE

Fabrice Culine


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Ceux qui vivent, ceux qui luttent...


Couverture 'Rugbycide' #essai #littérature #sport #rugby #morale #éthique #équité #Orwell #business #nationalisme #régionalisme #communautarisme #économie #capitalisme #politique #philosophie #psychologie par Guillaume Cherel
@ La Lauze éditions
Fabrice Culine, Lire en Bastides
Fabrice Culine




Introduction


Il est rare que je rencontre un homme aussi grand que moi (1,95 m). Quand ça arrive, ou bien ce sont des perches difformes ou, au contraire des colosses de 20 kilos de plus que moi, aux larges épaules, et qui chaussent du 50.

 

Ce fut le cas récemment, au salon Lire en Bastides, de Lalinde (Périgord), où je dédicaçais mes livres (une bonne demi-douzaine) aux côtés d’un certain Fabrice Culine (1,93 m, 110 kg), venu avec un seul ouvrage, intitulé Rugbycide.


Plus jeune que moi d’une quinzaine d’années...


 

... j’ai tout de suite été frappé par son regard franc

et clair. Le genre de jeune mec robuste avec qui on peut aller au combat, à la guerre.

 

Je n’ai donc pas été étonné quand il m’a appris qu’il avait été rugbyman professionnel, à Paris en plus, au Racing 92, lui qui est né au cœur de la Dordogne (Sarlat).

 

Passionné de sport que je suis, nous avons sympathisé,

notamment après avoir constaté que la couverture de son livre, avec un titre rouge pétant, sur fond noir, était quasi identique à la couverture de mon roman engagé : Prends-ça dans ta gueule ! Que son père a acheté d’ailleurs…

 

Bref, je me suis intéressé à l’histoire de ce gaillard au cœur pur, que l’on trouve rarement dans le sport pro où les athlètes de « haut niveau » sont en général formatés, comme des gladiateurs, des mercenaires destinés à fournir la société du spectacle (cf. Guy Debord) et la grande machine à sous qu’est devenu le sport-bizness :

 

« on le constate dans tous les domaines d’activité », tient à préciser Fabrice Culine, au regard d’enfant dans un corps d’homme au cerveau déjà usé (12 commotions) par un sport âpre, mais surtout blessé par l’avidité et la bêtise

humaine.

 

Il reprend :

 

« Si j’avais été agriculteur j’aurais fait le parallèle avec

l’agriculture, via le marché européen, ou infirmier, l’hôpital public affaibli par la course au rendement, etc...»

 

Autre métaphore :

 

« Le monde tel qu’on nous l’impose en ce moment, c’est le paquebot Titanic. Nous allons tous dans la même direction, à savoir un iceberg (l’ultralibéralisme), nous savons tous qu’il va nous faire couler, et les canots de sauvetage ne sont pas suffisamment nombreux pour tout le monde »

 

Pas étonnant qu’il se soit fait tatouer cette phrase de Victor Hugo, sur son corps meurtri par des matchs de guerriers :

 

« Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent »

 

Finalement, il est assez peu question de rugby dans cet essai (réussi). Pour simplifier, on peut dire qu’il s’agit du pamphlet écrit par un Gilet jaune du monde du sport, avant tout citoyen aux accents rouge (révolte) et noir (libertaire).

 

Etre un électron libre dans un sport qui se veut collectif mais dévoyé par des individualistes obsédés par le

résultat, donc la rentabilité financière, c’est compliqué à vivre.

 

Fabrice Culine montre ici qu’il reste un compétiteur.

Un lutteur. Il n’a sans doute pas dit son dernier mot.

 

Mais reprenons depuis le début. Ancien rugbyman professionnel, Fabrice Culine dénonce dans un livre les dérives de la balle ovale.

 

Il fait le parallèle entre la déliquescence de son sport, et celle de la société en général, vous l’aurez compris :

 

« Jusqu’à mon arrivée à Agen (terre de rugby d’élite ndla),

mon parcours, ce n’était que du positif (le monde amateur des bénévoles) »

 

Fabrice Culine évoque le jeu et la solidarité nécessaires pour pratiquer ce sport d’engagement.

 

A Sarlat (Périgord / Dordogne), où il est , il « jouait » pour le plaisir, comme le grand enfant qu’il est resté malgré ses 1,93 m et ses 100 kg.

 

Il travaille d’ailleurs aujourd’hui comme éducateur auprès de jeunes en difficulté de sa région chérie, où il est marié et père de deux enfants.

 

Le déclic pour arrêter - après avoir été déjà dégoûté par le cynisme du rugby pro dans le Top 14, au Racing 92, dans un Paris où il ne s’est jamais acclimaté - fut ce énième KO l'ayant fait chercher (trop) longtemps le souvenir du prénom de ses enfants :

 

« Dans Rugbycide, j’essaye de mettre en lumière mon mécanisme de pensée plus que mon expérience du terrain »

 

C’est sa femme, grande fan de Hugo, qui l’a poussé à écrire, en guise de thérapie, peut-être. Mais aussi pour déverser sa colère et transmettre un message, si ce n’est la bonne parole, comme on passe la balle à un coéquipier (le lecteur).

 

L’ancien troisième ligne (les connaisseurs comprendront que c’est un sauteur… à la touche) n’est plus dans le rugby pro qu’il suit d’un œil vraiment très éloigné.

 

Son livre est politique, au sens où monsieur Jourdain faisait de la prose sans le savoir (Jean Jaurès est abondamment cité).

 

Rubycide est un OLNI (Objet littéraire non identifié) qui ne donne pas de leçons, il constate les faits et suggère des solutions.

 

L'idée est de comprendre et d'apprendre pour ne pas subir. Car subir c'est perdre la partie d'emblée. Ne pas lutter, c’est s’avouer vaincu d’avance.

 

Le rugby meurt à feu doux… mais la résistance est là.

 

Preuve dans ce livre construit de manière originale, avec de courtes adresses au lecteur, des citations, photos et illustrations.

 

Fabrice Culine aborde de nombreux sujets (nationalisme, régionalisme, communautarisme, capitalisme, littérature – notamment 1984 de George Orwell : nous y sommes ! - économie, forcément, psychologie, voire philosophie, et la morale, l’éthique, l’équité plus que l’égalité… vaste sujet !).

 

Guillaume Chérel

Relecture : Pascale Barbey

 

Rugbycide, de Fabrice Culine,

135 pages , 13 €, La Lauze éditions.

 





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