PERDRE LE CORPS

Théo Ananissoh


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Un amoureux des femmes (noires) en Continent noir


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© Gallimard Continents Noirs © TLS AFRICA
Théo Ananissoh
© Afrika Stratégies France




Introduction


Un voyage au Togo, ça vous tente ? On parle peu de ce pays d’Afrique de l’Ouest, à part pour évoquer une énième crise politique. Pour vingt euros (seulement), en ces temps de restriction de sortie, Théo Ananissoh (1) nous propose une balade littéraire du côté de Lomé, la capitale, et dans la « brousse », avec ses petits villages, constitués de huttes modestes et de charmantes vendeuses de fruits exotiques : suivez le guide touristique… 


Plus sérieusement, avec « Perdre le corps », son cinquième roman, touchant, parce que romantique, l’auteur raconte une histoire a priori simple, mais à la logique compliquée.

 

Jean Adodo, un togolais d’âge mûr, qui revient de Suisse, où il a vécu une trentaine d'années, propose à Maxwell Sitti, son jeune compatriote, de séduire une certaine Minna, contre rétribution conséquente. Car au Togo, tout se monnaie, se marchande, même entre frères et sœurs… Alors pourquoi pas l’amour ? 

 

Attention ! Il ne s’agit pas de prostitution : 

 

« Il ne me quitte pas des yeux. »

 

Un instant, puis : 

 

« Je vous propose d'aimer Minna à ma place. » 

 

Il enchaîne sans laisser cette phrase pénétrer mon esprit : 

 

« Vous lui faites la cour comme par hasard et ainsi de suite. Je ne vous demande pas de l'épouser. Ce n'est pas mon affaire. Cela dépend aussi d'elle, bien entendu. Je vous demande juste, si je puis dire »

 

il me montre deux doigts écartés, 

 

« deux années de liaison assidue avec elle; et vous recevrez cette maison en échange. ».

 

Cet agent immobilier, qui peine à gagner sa vie dans un pays assommée de chaleur, mais surtout de magouilles et de vices, hésite à accepter ce contrat qui semble tordu. Mais quand il rencontre la belle Minna, dans le pressing où elle travaille, il tombe amoureux. Maxwell réalise que Jean et Minna, en réalité, se connaissent à peine de vue... 

 

Alors, que signifie ce que Jean Adodo lui demande de faire, et si largement rémunéré ? Quelle intention se cache derrière cette mise en scène intrigante ? Et qui est Jean Adodo, au juste ? Nous allons le comprendre, au fil du récit et de l'amour, « Perdre le corps », qui trouve son explication en fin de roman, écrit dans un style très pur, pour ne pas dire classique, sans effets de plume ampoulés. 

 

Les meilleurs passages sont ceux où l’auteur se lâche (enfin ?) sur l’état de corruption générale, et pour décrire son amour, sensuel et érotique, pour le corps des femmes africaines (black is beautiful !).

 

Après un détour aux éditons Elyzad (trois romans), Théo Ananissoh, est à nouveau publié dans la collection « Continents Noirs », chez Gallimard. A ne pas confondre avec « La Noire », ou la Série Noire… 

 

J’ironise à dessein, parce qu’il existe déjà la prestigieuse collection « Du monde entier » à la NRF. Alors pourquoi une collection à part ? Il n’y a pas de collection Asie ? Indienne, ou océanienne… 

 

Ceci dit, grâce à Jean-Noël Schifano, qui dirige la collection, a permis de découvrir – si besoin était – une cinquantaine d’écrivain.e.s africain.e.s, autres qu’Alain Mambackou... qu’on voit beaucoup (ça rime). La littérature n’a ni sexe, ni frontière. Un livre est bon ou mauvais. Celui-ci est bon.

 

Guillaume Chérel

 

Perdre le corps, de Théo Ananissoh, 

268 p, 20 €, Gallimard (Continents Noirs).   

 

(1) Né en 1962, en Centrafrique, de parents togolais, Théo Ananissoh a passé son enfance dans ce pays de l’Afrique centrale jusqu’à l’âge de douze ans, avant de vivre son adolescence au Togo. Il commence, à Lomé, des études de lettres modernes qu'il termine à Paris 3 Sorbonne Nouvelle. Maîtrise de lettres modernes puis doctorat en littérature générale et comparée. Il enseigne le français dans des établissements 


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