Watch Moore et déguste le man Claro


ou, "...'faut arrêter les tarpés, pépé !"



Chronique littérature


Jerusalem
Alan Moore


Alan Moore, Jerusalem

L’auteur (culte) né en 1953 à Northampton, en Grande-Bretagne, est scénariste de bande dessinée (WatchmenV pour Vendetta et From Hell) et écrivain. Ses influences très diverses comptent des auteurs comme William S. BurroughsThomas PynchonIain SinclairMichael Moorcock et H.P. Lovecraft.

 

Anarchiste, il se présente comme magicien et adorateur de la divinité Glycon. Bref, le monsieur ne se prend pas pour de la m… Il pose d’ailleurs pour les photos en se la jouant génie chevelu/barbu à la Dumbledore.

 

Il pause quoi, ça ne fait pas spontanée, sincère, il ne se la pèterait pas un peu l’anglish ?

 

Comme je suis curieux, passionné de littérature et fan des Watchmen, que j’ai découvert grâce à mon ex, j’ai demandé le livre en Service de Presse (SP) à son éditeur Français, Inculte, et j’ai commencé à lire.

 

Du moins j’ai essayé de le lire (1248 pages !!!). J’ai lâché, repris, reposé. L’ai prêté à mon ex, qui a été plus loin que moi mais a fini par lâcher aussi. Alors, moi je veux bien croire Libé, les Inrocks (voir plus bas) et le Monde des Livres mais si moi je n’y arrive pas, je ne dois pas être le seul.

 

Ça me rappelle ce snobisme qui consiste à dire qu’Ulysse, de Joyce, ben faut lire la bonne traduction, ou en anglais, ou par le milieu, la fin.

 

Bref, c’est chiant. Mais c’est génial, puisque l’élite autoproclamée du landernau littéraire vous le dit.

 

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Mais essayons de lire le pitch

 

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« Et si une ville était la somme de toutes les villes qu’elle a été depuis sa fondation, avec en prime, errant parmi ses ruelles, cachés sous les porches de ses églises, ivres morts ou défoncés derrière ses bars, les spectres inquiets ayant pris part à sa chute et son déclin ? Il semblerait que toute une humanité déchue se soit donné rendez-vous dans le monumental roman d’Alan Moore, dont le titre – Jérusalem – devrait suffire à convaincre le lecteur qu’il a pour décor un Northampton plus grand et moins quotidien que celui où vit l’auteur ».

 

Okaye, ok, je veux bien mais son nombril n’est pas le centre du monde, non, et ça n’avance pas son récit, ça fait du surplace.

 

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Continuons

 

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« Alan Moore a conçu un récit-monde où le moindre geste, la moindre pensée, laissent une trace vivante, une empreinte mobile que chacun peut percevoir à mesure que les temps semblent se convulser. Il transforme la ville de Northampton en creuset originel, dans lequel il plonge les brûlants destins de ses nombreux personnages. Roman de la démesure et du cruellement humain, Jérusalem est une expérience chamanique au cœur de nos mémoires et de nos aspirations. Entre la gloire et la boue coule une voix protéiforme, celle du barde Moore, au plus haut de son art ».

 

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Aïe aïe, j’ai à nouveau mal à la tête.

 

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Dans son premier roman, La Voix du feu (Voice of the fire, 1996), publié en France il y a neuf ans et passé injustement inaperçu, nous dit-on, Alan Moore imaginait, à travers de courts et puissants récits, la généalogie chaotique de « sa » ville.

 

Avec Jérusalem, il va plus loin encore, en prenant comme théâtre et matière un seul quartier de Northampton, le plus ancien : les Boroughs.

 

Dans cet entrelacs de ruelles, d’immeubles délabrés et de terrains vagues, les histoires de familles et de voisinage se télescopent sur plusieurs générations et finissent par former une indescriptible tapisserie.

 

Un labyrinthe que Moore dépeint sur plus de mille pages, avec la précision d’un griot et le regard halluciné du chaman.

 

Sous nos yeux, « des strates fossiles de fantômes, accumulées les unes sur les autres et comprimées jusqu’à former […] un pétrole affectif » reprennent vie ; le cloaque devient une gigantesque salle de bal où, à travers les époques, les Vernall, Warren et autres Cooper se heurtent et se débattent, trinquent et s’étreignent ou sombrent brutalement dans la folie.

 

Proche de celle de son compatriote Iain Sinclair (London Orbital), qui lui aussi explore la mémoire des lieux, l’approche narrative de Moore n’a rien de linéaire. Débordant, syncopé, vertigineux, son récit aux allures de carrousel déconcerte autant qu’il fascine. 

 

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Aaaah ! d’accoooord… 

ça n’a pas éclairé d’avantage ma lanterne, mais admettons. 

Je ne dois pas avoir le niveau requis.

 

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Lisons les critiques 

 

« C’est un sommet de littérature baroque, enjambant avec démesure les êtres et les époques. Dans ce roman fou, sorte de Zola anglais engraissé au punk, l’éternité tient tout entière dans une miette de pain. Quel sublime ovni ! ». Emily Barnett (Grazia).

 

« Avec Jérusalem, Alan Moore donne une clé de voûte et un accomplissement basilical à une œuvre de conteur visionnaire entamée il y a près de cinquante ans, à Northampton, ombilic magique et épicentre oublié de l’histoire anglaise.  François Angelier (Le Monde).

 

« Débordant, syncopé, vertigineux, son récit aux allures de carrousel déconcerte autant qu’il fascine. Immense scénariste de BD (WatchmenV pour VendettaFrom hell), l’enchanteur de Northampton s’avère un écrivain inspiré, capable d’embrasser dans un même regard le détail et l’ensemble, l’arbre et la forêt. Impressionnant. Stéphane Jarno (Télérama).

 

« Le deuxième roman d’Alan MooreJérusalem, s’impose comme l’œuvre la plus ambitieuse de la rentrée. Mieux, comme un classique instantané ». Nelly Kapriélian (Les Inrocks).

 

« De cette lecture mouvante, on sort groggy, fasciné, hanté, le propos clé de Moore résonnant longtemps chez qui le lit et le comprend. «Il n’est d’autres ici-bas que nous-mêmes et les choix que nous faisons, enseigne-t-il en substance. Et ces choix engendrent des effets qui courent pour l’éternité. » David Brun-Lambert (Le Temps).

 

« Un roman monstrueux qui renvoie les petits adeptes mondains à leur bac à sable ; une traduction remarquable de Claro ; le meilleur des deux mondes dans un jeu de miroir incessant qui joue avec le temps, la mort, le libre-arbitre, la fiction, bref, toutes les thématiques essentielles de notre humanité. Sa lecture est un marathon qui vous comble et laisse un immense vide une fois terminée. »  François Cau (Vice).

 

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Bon, vous savez quoi ?

Je m’en tape de leur avis. Moi ça m’a fait chier.

 

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Par contre, je reconnais le talent de son traducteur, Claro, qui se fade tous les plus grands preneurs de têtes anglophones.

 

Pour Noël, sachez qu’une édition limitée à 200 exemplaires numérotés est proposée par les Éditions Inculte. Avec couverture noire. Coffret illustré par Charles Burns. Ex-libris signé du dessin original d’Alan Moore illustrant la couverture anglaise. 

 

Jérusalem, d'Alan Moore, 1248 pages, traduction de ClaroInculte éditions.

 

Guillaume Chérel

Relecture : Marc 'The Paper-Man' Gagnon


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