Chasseur d'absolu, en territoire cubain.


Auteur : Thibaut Blondel.


Cuba


Extrait


« Salut mon pote, 

J’ai un projet d’ouvrage collectif. C’est un livre de critiques mais on y intégrerait des textes de  fictions. Je voulais savoir si tu serais intéressé. Et sur quel sujet ?

A bientôt.

TC ».

 

Le téléphone venait de vibrer, faisant apparaître ce message sur l’écran.

 

Sombre histoire, songeais-je, ne touchant même pas l’appareil et relevant les yeux de celui-ci pour tourner mon attention vers le parvis de l’église Santissima ou de petits groupes de religieux se formaient sur la plaza Mayor à l’issu de l’office de fin d’après-midi. 

 

Quelques-uns serraient contre leurs poitrines le plus grand best-seller fantastique jamais paru : la Bible. La corrélation entre leur bouquin et l’exercice de critique demandé par TC traversa mon esprit un dixième de seconde. Guère plus. À peine âgé d’une vingtaine d’années, TC était un optimiste de l’Esprit, un idéaliste romantique foisonnant de projets qui cherchait constamment à vivre l’expérience de l’Art sous toutes ses formes. 

 

En l’occurrence, il semblait vouloir monter un groupe qui, par le biais de réflexions et critiques constructives, tenterait d’appréhender un peu mieux la magie littéraire de manière sensitive, et non pas froide et rigoriste comme la plupart des académiciens ou universitaires s’acharnent à le faire.  

 

Mais manifestement, je n’étais pas le candidat idéal à l’exercice car dans l’éternel opposition entre art apollonien et dionysiaque, je faisais partie de la seconde équipe, la bordélique, celle qui ne parvenait jamais à structurer quoi que ce soit. 

 

Effectivement, bien que j’appréciais TC et son enthousiasme permanent, de mon côté, je ne croyais plus en la puissance sacrée des mots et par voie de conséquence, en la Littérature elle-même.  

 

Ma vision fataliste des choses était que...


Télécharger
Télécharger et imprimer l'intégralité du texte.
Chasseur d'absolu, en territoire Cubain.
Document Adobe Acrobat 442.1 KB





Partager

Écrire commentaire

Commentaires: 0