Cadavre, vautours et poulet au citron


Un polar déjanté à l’humour corrosif

sur fond de traquenards politico-économiques !


Cadavre, vautours et poulet au citron
@Michel Lafon
Guillaume Chérel
@photo : Patrice Normand
Cadavre, vautours et poulet au citron
@J'AI LU

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Guillaume Chérel est journaliste et écrivain.

Il s’est notamment fait remarquer à la rentrée littéraire 2016

avec son roman pastiche

"Un bon écrivain est un écrivain mort"

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Détective public, pas privé


Mon nom est Jérôme Beauregard et je suis grand.

 

Je précise grand parce que s’il vous arrivait de me rencontrer, ce n’est pas ma beauté, ni mon intelligence qui vous frapperaient d’abord, mais ma haute taille. Ce qui n’est pas pour déplaire aux femmes, mais attire la sempiternelle remarque des hommes en compétition : « Ce que tu es grand ! ». Comme si je ne le savais pas, depuis le temps.

 

S’ensuit l’inévitable : « Tu as joué au basket ? ». Sans oublier le lourdaud : « fait beau là-haut ? », et autres réflexions du même tonneau. Pour couper court, je m’empresse de préciser que tout est à la même échelle, ce qui fait glousser les femelles en chaleur et grogner les mâles complexés.

 

Si je leur demandais combien ils font de centimètres, ces nains, ça jetterait un froid, non ? Ce qui compte, ce n’est pas d’être grand, c’est d’être à la hauteur.

 

Bref, mes ami(e)s m’appellent « grand », plutôt que par mon prénom : « Salut grand ! », ils disent. Ça m’a un temps agacé. Maintenant, je suis habitué. Je dois faire avec cette « grandeur » depuis que je suis petit…

 

Etant ce qu’on appelle un faux calme, je peux péter un câble, lorsque, pour la trois mille deux centième fois, on me demande combien je mesure.

 

Un mètre quatre-vingt-quinze.

Je ne le répèterai pas.

 

Tout ça pour dire qu’en Mongolie, ça m’a plutôt servi dans mon activité de détective public.

 

C’est écrit sur ma carte de visite : « Jérôme Beauregard, Détective public ». Je précise bien « public », pas « privé ». Comme les piscines, les parkings et les toilettes publiques, oui.

 

Détective public, histoire de me distinguer des détectives à la Chandler. J’aime autant ne pas être assimilé au cliché du loser hard-boiled, qui s’en prend plein la gueule pour avoir emballé la p’tite pépé.

 

Ça tombe bien, je me sens plus proche de Vidocq, qui fut bandit avant de créer le métier, en 1833, que de Philip Marlowe et consort.

 

Mon ancien métier de journaliste m’a appris à recueillir des témoignages et à rédiger des rapports structurés.

 

J’ai laissé tomber ce métier, ou plutôt - « crise » de la presse oblige -, ce métier m’a laissé tomber, mais j’ai gardé les réflexes.

 

Je continue à m’informer, je sais écouter les gens, les faire parler, en douceur, à la différence des flics, qui ont moins de temps. Le mien, j’en disposais comme il me semblait. Ma liberté est mon capital.

 

On imagine mal le nombre d’affaires dont la police, ou la justice, n’ont pas le droit, ou le temps, de s’occuper.

 

Détective public, c’était la bonne couverture pour faire tout et (surtout) n’importe quoi là-bas.

 

Où ça ?

A Oulan-Bator, en Mongolie.

 

Mais je vais trop vite, là, pardon.

Passez-moi la bouteille, que je vous raconte. »

 

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Commentaires: 4
  • #1

    Chatelain (lundi, 19 mars 2018 14:27)

    Un livre jubilatoire. Merci pour ces bons moments de lectures.

  • #2

    Big G (lundi, 19 mars 2018 14:44)

    Merci Châtelain. .. !!

  • #3

    FH (dimanche, 05 août 2018 19:20)

    ¡ Qué calor en Mongolia ! � Actions, réactions, retournements de situation... Où est la part de vérité ? De fantasme ? Un voyage nordique bien mouvementé. Une aventure mongolienne bien ficelée. Tout Chérel quoi !
    Bayarlalaa pour ces heures partagées avec mon double littéraire �

  • #4

    constantla (lundi, 17 septembre 2018 17:22)

    Merci pour le franc fou rire, à la page 281.