Goodbye Money Money




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Chronique littérature


Le nouveau casse littéraire de Thibaut Blondel

 

EST-IL POSSIBLE DE VOLER TOUT L’ARGENT DU MONDE

EN SEULEMENT CINQ JOURS

SANS INFORMATIQUE NI LA MOINDRE ARME ? 


Good bye money money
Thibaut Blondel
crédit photo : Samuel Boivin


Oui répond Thibaut Blondel, qui a compris depuis longtemps que l’argent n’existe plus vraiment de nos jours. C’est devenu une chimère, un mirage, un conte pour adulte.

 

Ce n’est plus de l’or, du métal, du papier, ni même de l’argent… en argent. Il est représenté par des chiffres virtuels mais ça existe de moins en moins matériellement.

 

Or donc, une somme, plus importante que dans La Casa De Papel (série espagnole) est dérobée. Le stratagème est plus élégant et ingénieux que dans L’Affaire Thomas Crown. Le message est plus subversif que dans Fight Club.

 

Thibaut Blondel nous plonge dans une magistrale partie d’échecs grandeur nature, au final éblouissant. Il faut le lire pour le croire. Se laisser mener par le bout du nez.

 

L’histoire rappelle un peu cet espagnol anarchisant qui se faisait appeler Robin des Banques : il avait emprunté des centaines de milliers d’euros en crédits revolving et s’était exilé à l’étranger.

 

Son but était clair : montrer aux banques qu’un simple citoyen peut piéger les banques à leur propre jeu.

 

Blondel, s’est lui inspiré d’un russe qui a arnaqué des banques moscovites en jouant sur les notes de bas de page, vous savez celles qu’on ne lit jamais parce que c’est écrit en tout petit... Ça s’est terminé au tribunal.

 

Ici, l’auteur s’est bien informé. On se croirait dans Black Mirror, encore une excellente série visionnaire. L’air de rien, sous couvert d’humour et de légèreté, Thibaut Blondel décrit un monde boursier qui devient fou au premier éternuement sur la sphère informatique : un fake annonce que le président des Etats-Unis a été blessé à la Maison Blanche et l’indice Down Jones perd 145 points, ce qui représente 136 milliards de dollars.

 

Une starlette descend Snapchat sur Instagram et sa valeur boursière dégringole, etc… sans compter qu’il se réfère à Ludwig Wittgenstein, le philosophe du langage, et à Albert Cossery, l’écrivain qui n’a jamais travaillé de sa vie.

 

Il est aussi question d’artistes peintres grecs (époque Nom de Zeus !)… et du principe du rasoir d’Ockham. Bref, on apprend plein de choses et on se n’ennuie pas. Thibaut Blondel ne se répète pas. Il surprend à chaque livre. C’est déjà beaucoup. 

 

En digne successeur de Cizia Zykë, bordelais comme lui, Blondel arpente le globe à la recherche de la plus pure des libertés. 

 

Après Maelström Exotique et Royal au Bar, publiés chez Léo Scheer, qui le fit remarquer de la critique parisienne, il a décidé de s’autoéditer, malgré les propositions d’édition de son fidèle éditeur.

 

Bref, après avoir annoncé sa retraite à vingt-cinq ans, il se passe des intermédiaires, vend son art d’écrire (notamment pour la télé) sur le web. 

 

Il revient donc avec un polar déjanté (ses deux premiers romans étaient des dérives voyageuses), inspirés de faits réels. Le (vrai) héros de Goodbye Money Money, est un certain Ethan Bendoll, fils du mythique écrivain Ray Gala, qui a organisé le casse du siècle, à commencer par sa disparition de tous les fichiers imaginables ; ce qui occasionne bien des soucis au détective privé à ses trousses, Franky Wings, ancien flic alcoolique qui vient de se faire virer par la belle et sauvage Alyson Spencer.

 

Vous l’aurez compris, on est entre le polar de gare, façon hard-boiled, et série télé US. Car notre privé picole, se fait casser la gueule malgré son mètre 96 et ses 120 kg mais garde le sens de la répartie.

 

Au début, on dirait un pastiche de roman noir à la James Crumley / Larry Brown (pour les connaisseurs, deux grands losers du polar US, régulièrement pétés, plus à la bière qu’à la thune).

 

Puis ça bifurque, on est dans Big Lebowski, the Dude au pays des banquiers. No pasaran !    

 

 

Goodbye Money Money, de Thibaut Blondel

sur Kindle, et format broché 207 p, 14, 90 €.

Guillaume Chérel

Relecture : Pascale Barbey





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