Sélection de romans (spécial copinage)


Chronique littérature


Retour de Salon ("littéreur"...) : 7 romans à découvrir !



Le cas singulier de Benjamin T.
Un funambule sur le sable
Tuez-les tous mais pas ici

Délation sur ordonnance
Ambitions assassines
Asphyxie
La zone des murmures


Une fois n’est pas coutume, je ne vais pas me fouler

et utiliser la technique de nombreux

blogueurs et blogueuses amateur(e)s qui pullulent sur la toile,

depuis quelques temps, et sur les salons littéraires,

en se la pétant grave, parfois,

alors que leurs articles sont souvent ni faits ni à faire

(il y a des exceptions)

- c’est un métier la critique -

 

Je vais encore me faire des ami(e)s…

à savoir recopier la 4e de couv’ et la bio des auteurs

et donner mon avis subjectif et à peine argumenté.

 

Ça me permettra de rattraper mon retard de lecture/écriture d’articles,

de faire de l’info/comavant tout

et de continuer à recevoir des services de presse

(SP dans le jargon  littéraire).

 

Or donc, lors des salons littéraires (auxquels je suis invité),

les auteurs se rencontrent, font connaissance, sympathisent

et se lisent éventuellement.

 

Voici un florilège de mes dernières rencontres/lectures.


Le cas singulier de Benjamin T.
Un funambule sur le sable
Tuez-les tous mais pas ici

Délation sur ordonnance
Ambitions assassines
Asphyxie
La zone des murmures


Le cas singulier de Benjamin T.

 

Le pitch : Depuis quelques temps, plus rien ne va dans la vie de Benjamin Teillac. Quitté par sa femme, rejeté par son fils, il risque maintenant de perdre son travail d'ambulancier.

 

En cause : ses crises d'épilepsie, qui ont recommencé brutalement et que les traitements conventionnels ne suffisent plus à contrôler.

 

Lorsque sa neurologue lui propose de tester un nouveau médicament révolutionnaire, il décide d'accepter, malgré la réticence de David, son meilleur ami.

 

C'est alors que d'étranges visions commencent à l'assaillir, des rêves récurrents au réalisme troublant. Sur un chemin enneigé, le voilà qui fait le guet en compagnie de soldats qu'il ne connaît pas et à qui, pourtant, il s'adresse comme à des familiers...

 

Par quel phénomène singulier s'est-il soudain retrouvé en 1944, au beau milieu du maquis ? Là, alors que le danger rôde, une autre existence s'ouvre à lui, un autre possible. Se pose alors la seule véritable question : qui Benjamin veut-il être ?

 

Bio de l’auteur : Pendant plus de dix ans, Catherine Rolland a exercé la médecine dans un cabinet rural, puis dans un service d'urgences. Originaire de Lyon, elle vit depuis quelques années en Suisse.

 

Passionnée de littérature, elle signe avec Le Cas singulier de Benjamin T. une réflexion sur le temps, l'héroïsme et la lâcheté, en un mot, sur la condition des hommes lorsqu'ils font des choix qui engagent toute leur vie.

 

Mon avis : l’un des mérites de ce roman inclassable est d’être surprenant. Impossible de deviner où l’auteure veut nous entraîner.

 

Suspense, thriller, roman historique, psychologique, amour, guerre, émancipation : c’est un peu de tout ça à la fois.

 

L’écriture est fluide, un peu convenue parfois, mais pour ce qui est de décrire l’univers médical et les symptômes des sujets aux crises d’épilepsie, Catherine Rolland en connaît un rayon.

 

Une écrivaine à découvrir et dont il nous tarde de lire le prochain roman.

 

Le cas singulier de Benjamin T., de Catherine Rolland, Les Escales /

Domaine Français, 345 p, 18, 90 €

 

 Guillaume Chérel

Relecture : Marc Gagnon, Pascale Barbey




Un funambule sur le sable

 

Le pitch : « Stradi » (diminutif de Stradivarius) naît avec un violon dans la tête… D’abord condamné à rester à la maison, il peut finalement aller à l’école et découvrir que les plus grandes peines de son handicap sont l’effet de la maladresse ou de l’ignorance des adultes et des enfants. 

 

Mais, à ces souffrances, il oppose chaque jour son optimisme invincible, hérité de son père inventeur et de sa mère professeur. Et son violon, peu à peu, va se révéler être un atout qui, s’il l’empêche de se concentrer sur ses devoirs, lui permet toutes sortes d’autres choses : rêver, espérer… voire parler aux oiseaux.

 

Un jour, il rencontre l’amour en Lélie. Ils vont s’aimer, se quitter, se retrouver, et faire couple.

 

Jusqu’au moment où cette fantaisie permanente de Stradi va se heurter aux nécessités de la vie adulte : avoir un travail, se tenir bien en société, fonder une famille. 

 

Comment grandir sans se nier ? 

Comment s’adapter sans renoncer à soi ?

 

Bio : Gilles Marchand est en 1976 à Bordeaux. Il a notamment écrit Dans l’attente d’une réponse favorable (24 lettres de motivation) et coécrit Le Roman de Bolaño avec Eric BonnargentUne bouche sans personne est son premier roman. 

 

Mon avis : Remarqué avec Une bouche sans personne, roman d’éducation, et manifeste pour la différence, sur la puissance de l’imagination (qui permet de vaincre le réel, quand celui-ci nous opprime), Gilles Marchand renoue avec le « réalisme magique ». 

 

On adhère ou pas à ce genre littéraire qui a ses adeptes. Car le violon joue… dans la tête du narrateur, et se tait quand ça ne va plus. Il faut se laisser entraîner, ne pas chipoter sur la vraisemblance des scènes décrites. 

 

Comme la précédente auteure ci-dessus, Gilles Marchand s’y connaît manifestement en musique, ou alors il s’est bien renseigné.

 

Voici un roman plein de musique, de fantaisie, d’imagination, de lumière et d’optimisme, accompagné par la musique des Beach Boys, et brillant de mille éclats empruntés à Gary, Vian et Perec.

 

L’homme a de l’humour et de la poésie loufoque à revendre.

 

Un funambule sur le sable, de Gilles Marchand,

aux Forges de Vulcain345 p, 19,50 €

 

 Guillaume Chérel

Relecture : Marc Gagnon, Pascale Barbey




Tuez-les tous… mais pas ici

 

Le pitch : Julie Loubriac a disparu. Âgée de 17 ans, ce n'est pas la première fois qu'elle se volatilise. Ses parents sont pourtant persuadés qu'il ne s'agit pas d'une simple fugue.

 

Divorcés, ils vont unir leurs forces pour découvrir ce qui a pu arriver à leur fille, qui préparait le bacFace à l'immobilisme de la police, Martine et Louis Loubriac vont se lancer à sa recherche. Elle tient un magasin de vêtements plutôt haut de gamme.

 

Quant à Louis, il a presque tout raté dans sa vie. Ex-flic, ex-journaliste, ex-époux... parfois, il parvient à être père de famille. Il lui reste cependant une chose, sa guitare pour jouer du blues dans le bar de sa nouvelle compagne, Jenifer.


Même s'il n'a pas été un grand flic, il garde quelques réflexes de l'époque.Et il va tout faire pour découvrir ce qui est arrivé à sa fille.

 

L'affaire se corse quand il est approché par un agent de la DGSI, qui le met sur une piste surprenante...


Une enquête qui va mener le couple Loubriac de Quimper à Istanbul, en passant par la Syrie. Entre drame familial et manipulation des services de renseignements, il va se retrouver au coeur d'un secret d'Etat, sur fond de guerre contre le terrorisme...

 

Bio : Pierre Pouchairet est le lauréat du prix du Quai des Orfèvres 2017 avec Mortels Trafics (Fayard).

 

Cet ancien commandant de police, spécialiste de la lutte contre le crime organisé, a été en poste en Turquie, en Afghanistan et en Cisjordanie.

 

Il a publié plusieurs polars chez Jigal, dont La Filière afghane et Une terre pas si sainte, rare roman noir français dont l'action se déroule dans les Territoires occupés.

 

Mon avis : J’adore le titre et le bougre sait de quoi il parle, pour avoir baroudé dans plusieurs coins « chauds » de ce vaste monde. Les amateurs de polar à la SAS en auront pour leur argent, sans le côté sexe, mais pour ce qui est des infos, comme feu Gérard de Villiers, tout est plausible car malheureusement basé sur la triste réalité.

 

On peut même dire que c’est un roman d’actualité, au moment où l’État Français se demande quoi faire de ces femmes qui ont fait des enfants avec enfants avec des djihadistes et qui veulent revenir au pays comme si de rien n’était

 

Le style est direct. De la belle ouvrage efficace et sans fioritures.

 

Tuez-les tous… mais pas ici, de Pierre Pouchairet, Plon / Sang Neuf,

465 p, 19 €

 

 Guillaume Chérel 

Relecture : Marc Gagnon, Pascale Barbey




Délation sur ordonnance

 

Le pitch : Une bibliothèque renferme des secrets. Conçue par un médecin bibliophile comme une « chasse au trésor », la découverte de documents cachés permet de reconstituer fidèlement ce qui s’est réellement passé pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

Grégoire ne s’était probablement pas douté que ses propres enfants, Maurice, Laure, Marie et Charles, étaient d’une manière ou d’une autre liés aux personnes qu’il avait dénoncées : un instituteur ; un fonctionnaire ; un avocat ; et un journaliste, ancien amant de Mme Saint-Marly.

 

Parmi ces « mauvais Français », on trouve un communiste et résistant, un gaulliste, un arriviste forcené, et un Juif. Et, pour couronner le tout, trois d’entre eux sont francs-maçons.

 

En livrant ces hommes aux autorités de Vichy, Grégoire Saint-Marly ignorait qu’il poussait son fils Charles vers le peloton d’exécution.

 

Que Maurice, qui fréquentait les truands de la rue Lauriston, deviendrait un roi du marché noir, avant de trouver la rédemption.

 

Et comment ne pas évoquer le destin de sa fille Laure, amoureuse d’un officier allemand, et de son autre fille, Marie, la discrète émancipée, dont les faits de résistance étaient passés inaperçus ?

 

À travers les destins enchevêtrés de ces personnages, Bernard Prou reconstitue une période trouble où chacun s’est déterminé à agir selon son coeur et selon sa conscience.

 

Bio : Né à Paris, ancien professeur de physique, Bernard Prou est l’auteur de Alexis Vassilkov ou la vie tumultueuse du fils de Maupassant

 

Mon avis : remarqué et soutenu par Gérard Collard, le libraire / chroniqueur littéraire de Saint-Maur (la Griffe Noire), Bernard Prou s’était distingué avec un roman historique insolite : Alexis Vassikov ou La Vie tumultueuse de Maupassant, postfacé par Fernando Arrabal (Le Livre de Poche).

 

Il y racontait les aventures du fils (supposé) de l’auteur du Horla qu’il aurait eu avec la peintre russe Lioubov Vassilkova. De leur union, la veille de la mort de l’écrivain français serait né Alexis, lequel quitte la France à 13 ans pour rejoindre la Russie révolutionnaire.

 

Devenu psychiatre, il fait bientôt partie de l’entourage de Staline… Cette fois, il part d’une étrange « ordonnance » qui s’est échappée d’une édition originale des Beaux Draps, le pamphlet honteux de Louis-Ferdinand Céline.

 

C’est une lettre de délation qui va mettre en cause toutes les factions en présence pendant la résistance : communistes, francs-maçons, juifs, collabos et foule d’anonymes.

 

Bernard Prou aime décidément chatouiller là où ça gratouille en construisant des récits complexes mêlant réalité historique et fiction romanesque.

 

Délation sur ordonnance, de Bernard Prou, chez Anne Carrière,

279 p, 18, 50 €

 

 Guillaume Chérel

Relecture : Marc Gagnon, Pascale Barbey




Ambitions assassines

 

Le pitch : 10 mars, 11h43. Mélanie Aubant, comédienne prometteuse de 28 ans, meurt brutalement, écrasée par la chute d'un projecteur, en plein tournage du prochain long-métrage dont elle est la tête d'affiche.

 

Une heure plus tard, la nouvelle de sa disparition tragique est relayée par toutes les chaînes d'information. Un retentissement qui sème le trouble dans la campagne de Ghislain Dupuis, pressenti pour remporter l'élection à la mairie de Paris dix jours plus tard.

 

Simple coïncidence ? Pascaline Elbert, journaliste chargée d'écrire un papier sur l'actrice, va, malgré elle, découvrir un lourd secret susceptible de changer la donne du prochain scrutin...

 

Un roman politique haletant sur les coulisses d'une campagne, entre adultère, manipulation et fraude électorale.

 

Bio : Journaliste pour la presse féminineClaire Bauchart a publié en 2014 la biographie d'une femme de voyou aux éditions MichalonMoi, Lilou, hors-la-loi par amour.

 

Mon avis : "Jusqu’où iriez-vous pour remporter une élection ?" demande Claire Bauchart, alias Pascaline Elbert, journaliste au Francilien, le pendant du Parisien, on l’aura compris.

 

Il s’agit essentiellement d’un roman sur l’ambition : politique, avant tout mais en général car la jeune comédienne Mélanie Aubant ne désire-t-elle pas autant l’homme (Ghislain Dupuis) que le pouvoir ?

 

Et la journaliste n’a-t-elle pas décelé le scoop qui fera avancer sa carrière ? C’est l’intérêt principal de ce thriller efficace.

 

Claire Bauchart utilise un style simple, sage, pour ne pas dire froid, sans effets de plume, ni scènes gores et/ou sexuelles, et va droit au but en installant son intrigue sur une dizaine de jours.

 

Avec un sujet dans le vent, coco, comme on disait dans l’temps : la connexion entre les mondes du spectacle, des médias et de la politique. Tout y est : adultère, geeks/nerds, manipulations et fraude électorale.

 

Quant à mourir écrasée par la chute d’un (gros) projecteur : fallait y penser. Ou comment se brûler les ailes dans la société du spectacle…

 

Ambitions assassines, de Claire Bauchart, éditions du Rocher,

161 p, 14 

 

 Guillaume Chérel

Relecture : Marc Gagnon, Pascale Barbey




Asphyxie

 

Le pitch : Charlotte Paoli, capitaine à la Brigade Criminelle de Paris, et Hugo Decroix, docteur en droit, vivent ensemble depuis bientôt sept ans. Pourtant, sous le jeu des apparences, Hugo porte un secret et Charlotte a les yeux rivés sur sa carrière.

 

En effet, depuis plus d’un an, son groupe de la Crim’ est confronté à la terrible « affaire des pendues » : des meurtres en série de mères de famille, victimes d’une macabre mise en scène. L’enquête piétine devant l’absence d’indices. Et, soudainement, le tueur accélère la cadence...


Scindée entre sa vie intime et cette enquête qui la touche personnellement, Charlotte saura-t-elle flairer le mal qui l’entoure ? Ta ta tinnn !!!

 

 

Bio : âgée de 31 ans Laura Trompette  remporte, en 2008, un concours d’écriture lancé par Patrick Poivre d’Arvor dans Vol de Nuit, sur TF1.

 

Elle travaille deux ans au service programmation de l’émission culturelle Au Field de la nuit, toujours sur TF1, puis devient chroniqueuse littéraire sur iTélé la Radio. En 2010, elle co-fonde son site web dédié aux bonnes nouvelles, newzitiv.com


À partir de 2012, elle est journaliste et social media manager au sein de Newsring.fr sous la direction éditoriale de Frédéric Taddeï


Après plusieurs années d'expérience et de collaboration avec des entreprises de renom, elle fonde Com&Win en 2015 et propose aujourd'hui ses services de spécialiste en communication digitale et écriture de contenus.

 

Mon avis : Pour apprécier Asphyxie, le cinquième roman de Laura Trompette, on peut lire Hello (même éditeur, Pygmalion), qui racontait l’histoire d’Emma L. Coste, auteure à succès publiée aux États-Unis pour la première fois et qui s’envole vers New York.

 

Et c’est justement le roman de ce personnage qu’elle nous livre, qu’elle incarne, tout en donnant voix à Charlotte Paoli, fliquette confrontée à des meurtres par asphyxie, et Hugo son amant.

 

L’idée est originale et Laura Trompette sait surfer entre différents genres : polar, thriller, roman sentimental, psychologique… C’est ambitieux et sort des sentiers battus.

 

Asphyxie, de Laura Trompette, Pygmalion,

401 p, 14,90 €

 

 Guillaume Chérel

Relecture : Marc Gagnon, Pascale Barbey




La zone des murmures

 

Le pitch : Femme de type européen, âgée de 42 ans au moment de sa disparition, 1,69 m, poids 53 kilos, corpulence fine, yeux gris-vert, cheveux bruns et longs.

 

Le temps d’un week-end, Lise et Frankie, deux collègues d’une agence web, s’aventurent dans cette zone escarpée, sans réseau ni hôtel de charme, afin de faire le point, par la même occasion affronter leurs démons.

 

Bio : Natacha Nisic est ma voisine dans le 11e arrondissement de Paris. Elle est d’origine serbe et a commencé à publier en même temps que moi, en 1998 : « La tentation de Lazar » (L’âge d’Homme). 

 

 

En septembre 1999, elle publie « Le tatouage d’Éléonore", au Castor Astral« Incendie » est publié en 2003 chez Calmann-Lévy, suivi d’« Une vague odeur de tabac froid », chez le même éditeur, en mars 2004. 

 

Mon avis : ça commence comme un road-trip, ça continue comme une errance à la fois dans le sud de la France et dans la tête de la narratrice.

 

Si j’ai bien compris, Natacha Nisic a imaginé ce qui avait pu se passer dans la tête d’une jeune femme disparue corps et biens. Faut se laisser aller. Les chapitres sont courts. On zappe comme ont pense, par bribes. Surprenant. Bizarre. Vous avez dit bizarre… ?

 

La zone des murmures, de Natacha Nisic, Editions Tohu Bohu,

292 p, 20 €

 

 Guillaume Chérel 

Relecture : Marc Gagnon, Pascale Barbey


Le cas singulier de Benjamin T.
Un funambule sur le sable
Tuez-les tous mais pas ici

Délation sur ordonnance
Ambitions assassines
Asphyxie
La zone des murmures





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