Chronique littérature - Crépuscule


Essai, Juan Branco

#social #politique



Branco braque les banquiers de Macron


Couverture Crépuscule Chronique essai politique guillaume cherel
Auteur Juan Branco
Crédit photo © Roger Rey


 

« Ce livre n’est pas anticapitaliste, il est républicain, il s’adresse à tous », précise Marion Mazauric, qui co-édite Crépuscule - une violente charge conte le « système » - de Juan Branco (29 ans), avec Florian Massot (éditions), préfacé par le journaliste écrivain Denis Robert. 

 

Une association qui fonctionne puisque le livre cartonne, alors qu’il est téléchargeable gratuitement.

 

Près de 20 000 exemplaires ont déjà été vendus, peut-être plus : ils visent les 50 000, voire 100 000, au train où va le buzz. 

 

Car ce jeune avocat, qui était aux cotés de Julian Assange quand il s’est réfugié à l’ambassade de l’Equateur, n’a bénéficié d’aucun support médiatique grand public. 

 

Il faut dire qu’il assure aujourd’hui la défense du leader Gilet jaune, et complotiste, Maxime Nicolle, ce qui ne le rend pas crédible. 

 

Son livre, lui, se veut sérieux. « Macron et les oligarques. L’enquête vérité », dit le bandeau de ce qui se veut une diatribe, une « J’accuse » du XXIe siècle, décrivant les relations étroites, et de pseudos amitiés, entre jeunes loups (dont Macron) et de vieux briscards argentiers.

 

Ce texte aurait été écrit dans l’urgence, fin 2018, en réponse à la guerre de communication orchestrée par le pouvoir contre le mouvement des Gilets

jaunes. C’est un pamphlet, en forme de réquisitoire, mais aussi le résultat d’une investigation qui se dit « solide », vérifiée, argumentée et libératrice. 

 

Soit…

 

C’est un livre qui se veut dérangeant, porté par une plume « enlevée » (ouais,

bof !), qu’on ne peut lâcher tant ce qu’il raconte est sombre et édifiant. 

 

Là, il y a du vrai…

 

Car l’auteur nous éclaire sur le parcours d’Emmanuel Macron, et le complot

implicite des médias aux mains de l’oligarchie qui l’a porté au pouvoir, qu’il

nomme : Xavier Niel, boss de Free (qui a fait son beurre sur des 36.15 Ulla

etc… et fait de la prison quelques semaines pour quasi proxénétisme), et gendre de Bernard Arnault, 4 e fortune mondiale : une vraie mafia. 

 

Et si Juan Branco est bien informé, c’est qu’il était au coeur du système – avant d’en sortir par éthique personnelle. Il a côtoyé de près (il a déjeuné avec Niel, était invité aux soirées triée sur le volet) cette élite autoproclamée et a ainsi pu réunir des informations de première main. 

 

Il livre ici un portrait saisissant de la caste qui nous gouverne et des mécanismes qu’elle met en œuvre pour arriver à ses fins. Rien de très

nouveau sous le soleil (oui l’ex-banquier a été soutenu par les « méchants

riches »). 

 

Le style est plutôt plombant, alambiqué, désordonné, écrit à chaud, ça

se sent. La forme nuit sur le fond. Se focaliser sur son ancien « camarade » de promotion, Gabriel Attal, peut sembler suspect. Même si sa trajectoire à la Rastignac des beaux quartiers laisse songeur… Quel marigot !

 

Rappelons que le surdoué Juan Branco, franco-espagnol, est le fils d’un

producteur de cinéma bien connu dans le cinéma indépendant, et d’une

psychanalyste. 

 

Il a grandi à Saint-Germain-des-Prés, et essuyé ses fonds de culotte dans la très élitiste École alsacienne, avant de rompre avec son milieu, dixit. 

 

Néanmoins, cet ancien candidat LFI, aux législatives en Seine-Saint-Denis

(dont il ne connaissait bien, et pour cause… le 9.3 !) a rompu avec les Insoumis.

 

Mais l’ex avocat de Jean-Luc Mélenchon, qui fut avant le conseiller juridique de Julian Assange en France, le fut aussi auprès d’Aurélie Filippetti (sur la loi Hadopi) quand elle était au gouvernement… 

 

Le gamin a les dents longues et sait se placer. A moins qu’au contraire, par dépit, il se venge, après avoir (enfin !) découvert le peuple sur BFM ; j’ai nommé les Gilets jaunes.

 

Je viens de terminer la lecture. J’ai bien aimé la préface de Denis Robert...

J’ironise à peine. A même pas trente ans, Juan Branco en était sans en être... 

 

Il semble découvrir la lune, vous savez un peu comme Beigbeder quand il se retrouve en cabane pour avoir sniffé de la coke sur le toit d’une bagnole de luxe en sortant de chez Castel. 

 

 

Un apprenti écrivain qui se plaint de la censure, due au lobby des grands patrons qui ont acheté la presse et l’édition, mais ne contacte pas l’Humanité (pour qui il a une « pensée » condescendante), sous prétexte que le quotidien communiste est en difficulté financière ?!!! (ben justement Coco… serait-on tenté de lui dire). 

 

Lequel quotidien créé par le vrai socialiste Jean Jaurès écrit sur les Gilets Jaunes et les grands argentiers depuis des lustres.

 

Mais encore faut-il le lire... 

 

Même à Science-Po, qu’il égratigne, ils ont l’Huma en revue de presse. Il y a aussi Regards et Charlie Hebdo et Siné Hebdo... et le Canard Enchaîné ; bref c’est un fils de bourge qui lui-même avait des œillères et croyait publier chez Grasset ou Gallimard pour ses beaux yeux. 

 

Mais bon, le livre reste intéressant, comme à chaque fois qu’on découvre les coulisses d’un microcosme ; alors quand il s’agit des dirigeants de la France… 

 

L’écueil : ça fait un peu bruits de couloir et commérages de concierges, reproduisant ce qu’il reproche à Franz-Olivier Giesbert. Publier du off. Cracher dans la bonne soupe. S’encanailler auprès du peuple… 

 

Heureusement qu’il y a la préface de Denis Robert et quelques chiffres : 90 % de la presse influente est aux mains de quelques milliardaires. Fin 2018, les actionnaires du CAC 40 se distribuaient 47 milliards de dividendes, la fortune de Bernard Arnault doublait et Macron ne lâchait pas sur le maintien de l’ISF. Au même moment, plus de 9 millions de français vivent sous le seuil de pauvreté, des centaines de SDF meurent dans les rues. 

 

Juan Branco a le mérite de comprendre la colère des Gilets Jaunes. A qui

Macron a fini par lâcher une obole de 1000 euros, comme un seigneur donne un sou aux gueux, à la plèbe. 

 

Les meilleurs passages sont ceux où il y a de l’humain. Ce qui ressort de tout ça, c’est ce que ce jeune homme fougueux, brillant et passionné, préfère la justice à son ambition personnelle. 

 

Il a compris que pour être vraiment heureux, épanoui, il faut être en accord avec soi-même et les autres, afin de pouvoir se regarder dans la glace. Le seul pouvoir qui vale.

 

                                                                                Guillaume (simply the best) Chérel

 

Crépuscule, de Juan Branco, préface de Denis Robert, 311 p, 19 €,

Au Diable Vauvert / Massot Editions.





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Commentaires: 2
  • #1

    Pensez BiBi (lundi, 15 avril 2019 12:01)

    Maxime Nicole, complotiste ? Bof. Une reprise des poncifs de ceux qui s'en prennent aux Gilets Jaunes. Dommage.
    De l'ironie mal placée ("Il semble découvrir la lune, vous savez un peu comme Beigbeder" et pas loin de Giesbert !!) Rappel : Engels qui était un grand-bourgeois a écrit le plus grand livre sur la classe ouvrière anglaise). Dommage.
    Des expressions sujettes à caution : "Il découvre le peuple" ! (Pas bien de l'infantiliser, un gamin qui découvrirait le sexe) Dommage
    Vous laissez entendre avec un brin d'ironie ouvriériste que... attention, il a été à St Germain des Près hein, à l'Ecole Alsacienne et que tout ça, ça doit bien laisser des traces de l'idéologie de fils de bourges qui vient s'encanailler avec le populo. D'ailleurs, en soi-disant corrélation et "preuve", il est un peu allergique aux Cocos, n'ayant pas soutenu à 100% l'Humanité ( argggh, quelle grande faute politique).
    .Rappel : On peu en penser ce qu'on veut mais il défend gratuitement les gilets jaunes et touche le RSA.
    Mais comme vous ne voulez pas qu'on vous mêle aux critiques des Medias Mainstream, vous dites que "heureusement il y a Denis Robert" qui sauverait pour un peu tout le livre. Et puis, vous faites le Papy à qui on n'apprend pas la vie puisqu'à 30 ans, Juan Branco serait un "gamin".
    Ceci dit bravo pour votre critique qui évacue plutôt l'essentiel sur ce Monde libéral et ses acteurs dominants. A bibientôt, Camarade.

  • #2

    Chérel (lundi, 22 avril 2019 09:44)

    Touche le RsA et vit et travaille dans un grand et bel appartement manifestement si l'on en juge à ses vidéos d'ado. Quant à Maxime machin je vous renvoie aussi à ses premières vidéos. Il s'est assagi manifestement. Enfin, j'ai pas attendu les Gilets jauges déjà rentrés au bercail pour faire de la politique engagée : depuis 1986... à "Prends ça dans ta gueule !" Publié au Rocher en 2006. NO PASARAN !