Génération H




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Chronique littérature


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Faites tourner ! 

« La musique était notre religion, le sound system notre lieu de culte, la danse notre unique prière, écrit Alexandre Grondeau

dans son troisième tome à la trilogie Génération H »


… comme « Hakick »,

comme dirait Coluche, qui en fumait de la bonne, à ce qu'il paraît. 

 

Maintenant que c’est autorisé à la vente en Californie, et dans une vingtaine d’Etats américains, on peut se lâcher sur la weed. Qui se fume pure aux States, je peux en témoigner pour y avoir goûté à New York, à Los Angeles et à San Francisco, of course, quand je réalisais mon trip sur la route de Kerouac, l’été 2008 (« Sur la Route again », Transboréal 2013). 

 

J’y fais référence dans un passage où j’ai vraiment cru revivre un voyage de Jack en bus Greyhound : ma mexicaine à moi s’appelait Kay et se disait moitié indienne. 

 

Elle m’a repéré, assis dans mon coin, elle m’a demandé si je fumais, j’ai répondu parfois. Elle a sorti un sachet de weed que nous avons fumé en nous tripotant à chaque arrêt du bus. Elle m’a demandé si je voulais m’arrêter avec elle à Phoenix (Arizona), j’ai préféré continuer ma route. 

 

Pas question ici de faire l’apologie de la beuh, je pense juste qu’il est évident qu’il faut l’autoriser à la vente pour éviter les trafics de merde : de shit, quoi.  

 

L’herbe a des vertus thérapeutiques mais elle peut vraiment faire du mal aux ados surtout. Nous sommes déjà les recordmen de consommation de chichon (et de somnifères) en France : serait temps de pouvoir choisir de la bonne pour en fumer de temps en temps, comme on boit un bon sky, ou du café rare.  

 

Rappelons qu’on peut en fumer librement en Espagne, à condition de ne pas en vendre, comme à Amsterdam, dans les coffee shops, c’est bien connu.

 

« Bam... Bam... Bam, continue Alexandre Grondeau. Vingt kilos de son crachaient notre rage de vivre au monde entier. Les lignes de basses unissaient l’underground, l’avant-garde musicale d’un monde postindustriel agonisant. 

 

Les corps ondulaient sans autre satisfaction que le plaisir d’être unis dans l’instant, d’exulter enfin loin des putasseries du quotidien, de brûler de l’envie de tout détruire et de ne pas recommencer. 

 

Nous voulions vivre ou mourir, mais ivres et libres. Les skanks de guitare indiquaient la marche à suivre : refuser le formatage, la soumission, les compromis, adresser un gros doigt d’honneur au système et aspirer au fond de son âme la poussière d’étoiles qui nourrissait les têtes chercheuses d’existence. »

 

Dans le premier tome, il écrivait ceci : 

 

« La vie peut commencer et finir dans un nuage de fumée haschischée. J’aime à croire qu’une rencontre, au hasard d’un voyage, peut changer une existence, celle de cette jeune femme en noir par exemple. 

 

Le regard doux, la démarche hésitante au moment de rentrer dans un wagon déjà occupé par cinq garçons aux cheveux gras. Essayant de ne rien laisser paraître de son trouble devant nos sourires complices, elle alla s’asseoir contre la vitre et porta son regard au loin sur le quai en feignant de nous ignorer. 

 

- « La fumée ne vous dérange pas ? » demanda Johan au moment d’allumer sa cigarette.

- « Non ». 

 

Satisfait de la réponse il fit claquer son Zippo et alluma d’une grande bouffée une cigarette roulée d’Amsterdamer. 

 

L’odeur délicate et poivrée du tabac hollandais emplit le wagon de seconde classe qui se mit en marche. En 1995 nous baisions déjà avec des capotes, mais nous fumions encore dans les lieux publics, et le CD n’avait pas encore remplacé la cassette. 

 

Le mp3 n’existait pas, les téléphones portables non plus. Le smartphone et l’iPad étaient encore totalement inconnus. Le temps ne passait pas si vite. 

 

Julio appuya sur son petit lecteur Philips noir, et une voix faiblarde commença à déchirer le silence gêné du moment. »

 

C’est qu’il s’y connait le Grondeau. C’est pas n’importe qui : il est maître de conférence, géographe à l’université Aix-Marseille, bourlingueur. 

 

Passionné par les mouvements underground et la contre-culture, il est également critique musical, spécialiste des musiques jamaïcaines, comme par hasard. 

 

Les couvertures de ses livres sont belles (près de 40 000 exemplaires vendus et 10 millions de vues sur Youtube, ma gueule !) : on y voit trois belles plantes qui n’ont pas l’air commodes, joints au bec, doigtés en l’air ou regards de tueuses.

 

Mais je suis certain qu’elles sont cool dans la vraie life. Surtout quand elles écoutent de la musique. 

 

Comme moi à Saorge (Alpes-Maritimes), récemment encore : l’ambiance s’y prête parfaitement dans ce village perché à tous les niveaux : l’été on y fume de la pure cultivée dans le bled, et sans en abuser c’est le kiff, pendant un concert d’Ethnopaire. 

 

Tout ça pour dire que je ne dis pas non à un p’tit joint de temps en temps, surtout si c’est de la bonne.

 

Dans le deuxième tome de Génération H, Alexandre Grondeau écrit ceci : 

 

« Le premier joint de la journée me fait toujours un effet fou. Il embrase mon cerveau et rappelle à mes sens que la réalité est quelque chose de très relatif qui ne dépend que d’un choix : ai-je envie de me sentir bien ?

 

La réponse est contenue dans la question et je colle deux feuilles en fixant ma pensée sur les étonnantes tribulations d’une petite boulette d’or noir dont le nom ravit tous les amateurs de cannabis : charasse. 

Il en a fallu, des mois et des aventures, avant que cette délicieuse résine sombre atterrisse dans ma coconut et veuille bien être mélangée à quelques brindilles de tabac sec puis remplisse mes poumons et mes pensées d’ondes positives. 

 

J’allume mon spliff, tire une première bouffée, et j’imagine aisément dans la fumée blanche et épaisse qui s’envole les heures de travail nécessaires à l’extraction de ces quelques grammes de cannabis aussi rare qu’un grand cru classé de Saint-émilion. 

 

Je vois les pentes ensoleillées de l’Himalaya. J’entends le nom des vallées de Manali, Malana, Parvati, Nocton, qui donnent leur nom aux meilleures qualités de haschisch du monde, comme les terroirs bordelais caractérisent les vins les plus réputés. »

 

Je ne me suis pas foulé pour écrire cet article à la cool, mais j’attendais le bon moment. Faites tourner, c’est de la bonne littérature, tendance Actuel, Jean-François Bizot, Radio Nova et tout. 

 

Ce con m’a donné envie de fumer : tu sais ce qu’il te reste à faire quand on se rencontrera, Alexandre Grondeau ? 

 

Pour me remercier, je tirerais bien sur ton spliff paf boum ! 

 

Comme sur le balcon de ma copine Isabelle l’autre jour, tiens. Ça faisait longtemps… ça m’a rappelé ma jeunesse voyageuse et studieuse. Rastaman vibration, yeeaaaah !!!

 

Génération H, tome 1, 2 et 3, d’Alexandre Grondeau, 200 pages,

20 euros, Editions La lune sur le toit

 

Guillaume Chérel

relecture : Pascale Barbey

 





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