SUCCESSION

Patrick Cargnelutti


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L'Afrique défigurée


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© Black Piranha éditions
Patrick Cargnelutti
© sous réserve de droits




Introduction


Âmes sensibles s’abstenir… Avec Succession, Patrick Cargnelutti nous entraîne au cœur des ténèbres, en « FrançAfrique » (Centrale), dans le Kimbavu, pays fictif gangréné par les mercenaires et barbouzes de tous poils, à la botte de fonctionnaires et chefs d’entreprise occidentaux corrompus, comme les guerriers et hobereaux locaux, qui sèment la terreur parmi la population, en détruisant au passage les ressources naturelles. 


 

Rien ne les arrête. La violence est leur mode de conduite générale et ils n’ont aucune pitié.

 

Ça se passe dans la région des Grands Lacs. Un décor de rêve gâché par la bêtise et l’avidité humaine. Les rares hommes, droits et honnêtes, comme Egbéblé, chef de village - qui veut venger sa fille - , ou Pelletier, ingénieur agronome, qui fourre son nez où il ne faut pas, ne sont que des pions sacrifiés sur l’autel du pouvoir et de l’argent. 

 

Les manipulateurs sont eux-mêmes manipulés par des forces invisibles, cachés dans des bureaux plus ou plus moins lambrissés, selon qu’il s’agisse des arcanes du pouvoir exécutif, ou des puissances de l’argent. 

 

On le sait, le pouvoir législatif ne cesse de changer de têtes, mais les intérêts financiers et économiques sont toujours dirigés par une même minorité qui s’adoube entre elle.

 

Il y a de nombreux personnages dans ce roman hyper sombre (sans jeu de mots: la « Hyéne », Machenot, Varennes, Morriset, Mathilde, Bercott et Cyrille, sur le terrain, et Sardane à l’Elysée, et Keller, et Alexandre de Ségonzac, et Delperrier, sans oublier Max, j’arrête là... 

 

Pour tout dire, on s’y perd un peu, parfois, tant la matière est dense. Il ne faut pas lire ce pavé (358 pages écrites petit…) en dilettante. Il faut s’y plonger, corps et âmes. L’intention est là. Le fond est puisant. Le travail (la doc) est évident. 

Les scènes de crime sont dignes des meilleurs romans du genre. 

 

Patrick Cargnelutti décrit avec force ce panier de crabes, composé d’exploiteurs, comploteurs, téléguidés par plus puissants qu’eux. Même pas par les ministres, il s’agit bel et bien de multinationales, bien au chaud, à l’abri des balles et des coups de machette. 

 

Sur le terrain, le sang coule et la nature morfle. 

 

Succession, qui aurait mérité un titre plus accrocheur (on croirait un thriller sur le notariat !), est le roman fou d’un monde rendu dingue par la lutte pour le pouvoir et l’argent. 

 

Comme toujours, ce sont les innocents qui trinquent, et les peuples se déchirent pour de vaines et mauvaises raisons, au nom du nationalisme. 

 

Malgré tout, l’auteur a tenu à terminer sur une note positive (je ne « spoile » pas). L’espoir semble venir de la nièce du chef de village, Egbéblé, à la tête d’une armée de résistants, qui laisse les femmes participer au combat. 

 

Même le progressiste Thomas Sankara (l’ex président du Burkina-Faso assassiné) n’y aurait pas songé… 

 

L’auteur, qui vit en Bretagne, à Carhaix, connaît son sujet. Passionné de musique, de littérature et de peinture, il s’engage en politique, notamment dans l’écologie. 

 

En ce sens, c’est un écrivain de roman noir engagé. 

 

Ancien infirmier psychiatrique, il a cofonde, en 2013, l’excellent webzine littéraire, consacré au polar, Quatre Sans Quatre, et a créé l’émission de radio : Des polars et des notes. 

 

Saluons au passage le travail des éditions Piranha : 

plus indépendantes et voraces, tu meurs… !

Guillaume Chérel 

 

 

Succession, de Patrick Cargnelutti, 

364 p, 20, 90 €, Black Piranha éditions.





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