NOS CORPS ÉTRANGERS

Carine Joaquim


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L'insoutenable lourdeur de l'être


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Carine Joaquim
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Introduction


Pour son premier roman, « Nos corps étrangers », Carine Joaquim a choisi de raconter l’histoire, a priori simplissime, banale, d’un couple de parisiens qui décide de quitter la capitale pour aller vivre en région (on ne dit plus « province », rappelons-le, et les taxer de « bobos » serait trop réducteur). C’est en effet un phénomène sociologique récurrent, depuis une bonne quinzaine d’années : des milliers de familles déménagent loin de l’agitation quotidienne, la pollution, le bruit, et trouver une meilleure qualité de vie. C’est le cas d’Élisabeth et Stéphane, qui entraînent leur adolescente de fille Maëva, pas convaincue du tout que cela soit une bonne idée. 


C’est même le pire cauchemar pour elle. Quitter ses ami.e.s et les magasins, les cinémas, pour se retrouver au milieu de nulle part, entourée de « ploucs ». Elle a le « seum », quoi… la grande maison ne lui plait pas (elle préférait sa chambre en appartement), et surtout, son nouveau lycée, qu’elle déteste, va la pousser à des comportements inacceptables. On sent qu’il y a de l’eau dans le gaz dans le bonheur affiché par ses parents. Comme souvent, c’est la mère qui gère le quotidien. Le père/mari est absent.

 

Bref, ça part très mal cette affaire, et on sent que ça va mal finir. D’autant plus que ça ne s’arrange pas, au contraire. Les problèmes de couple se sont juste déplacés.

 

Très vite, Elisabeth et Stéphane se mentent, se trompent, s’enfoncent dans le déni, jusqu’à l’explosion finale inattendue.

 

Tout au long du récit, écrit de manière simple, sans effets de plume, la tension monte. Les liens se desserrent, la complicité a disparue. Tout est dans les non-dits. Ernest Hemingway appelait ça la « théorie de l’iceberg » (la partie immergée du roman doit être plus importante que la partie émergée, apparente). 

 

C’est ce qu’il y a de plus difficile à faire pour un écrivain. Cela nécessite une grande maîtrise, dans l’écriture des dialogues notamment (Cormac Mac Carthy est un as dans le genre). Cela donne « Le Vieil homme et la mer », chef d’œuvre de concision, en fin de carrière, dégraissé jusqu’à l’arête… ou « Un cœur Simple », de Gustave Flaubert (un autre bijou sans fioritures). Bref, des livres écrits par deux maîtres dans l’art littéraire. 

 

C’était osé pour un premier roman, de vouloir décrire la routine - tout le contraire d’une passion, façon feel-good-book -, car Carine Joaquim risquait de tomber dans la platitude. En décryptant les mécaniques des esprits, et des corps, qui se délitent, les incompréhen­sions, le manque de communication, en gros, la fin d’un amour, elle s’attaquait à un sujet vieux comme le monde, répétons-le. 

 

Elle s’en sort admirablement, en un récit court mais dense, grâce à son coup de théâtre final (que nous ne dévoilerons pas, évidemment). Car s’il n’y a que les débuts qui sont intéressants, en matière d’amour, et de roman, l’essentiel est de bien (mal) terminer.

 

Guillaume Chérel

 

Nos Corps étrangers, de Carine Joaquim, 

230 p, 19, 90 €, la Manufacture de Livres.


 

Pierre Fourniaud, fondateur de La Manufacture des Livres répond à la question des Artisans de la Fiction : "Qu'attendez-vous d'un manuscrit ?"






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