LES CORMORANS

Edouard Jousselin


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Le petit fils de Joseph Conrad


Couverture les Cormorans #Roman #Aventure #Histoire #Chili #Nature #Mer #Île #Bateaux #Humanité #Femmes #Quête #Décadence #Dérive #Grotesque #Machination #Richesse #Terreur #Révolte #Suspense par guillaume cher
© éditions Payot Rivages
Edouard Jousselin
© sous réserve de droits




Introduction


A trente ans, tout juste, Edouard Jousselin écrit déjà comme un vieux briscard. Alors que Gilles Lapouge, grand écrivain, spécialiste des pirates, entre autres, vient de décéder (à plus de 90 ans), on se dit à la lecture des Cormorans, son premier roman, que la relève est là. Il n'a pas froid aux yeux, le mousse Jousselin, oser s'attaquer au genre littéraire, peut-être le plus difficile – le roman d'aventures -, quand on est né à Montargis, à la manière d’un vieux loup de mer. Au lieu de se mettre au rap, plus de sa génération. C’est la magie, sans cesse renouvelée, de la littérature.


L’auteur du roman, qu'il a voulu intituler « Fiente » (son éditeur a préféré Cormorans, ça aurait pu être Guano, qui servit de fertilisant) a sans doute lu Conrad, Stevenson et Melville. 

 

Ce dernier a non seulement écrit Moby Dick, mais également Bartelby, ce chef-d'oeuvre de quelque pages, dans lequel un employé de bureau, qui s'ennuie au travail, décide un qu’il « préférerais ne pas faire » ce que lui demande son supérieur hiérarchique. Lequel, médusé par sa réponse, claire et nette, mais sans agressivité (I would prefer not) ne peut que s’avouer incompétent. Pas méchant, il n’ose pas le licencier. 

 

Tout ça pour dire que dans son roman, Edouard Jousselin imagine le sort du jeune et naïf Juan José, fils d’un hobereau local, au bout du bout du trou du cul du monde, qui devient, malgré lui, le personnage clef d'un livre étonnant, parce qu’il est pris, à son corps défendant, dans un mécanisme où les pièges de la vie vont le broyer. 

 

Voilà un livre surprenant, de bout en bout, pour la richesse de ses thématiques, qui se lit avec plaisir et curiosité, parce qu’on est surpris à chaque nouveau chapitre.

 

Il n’y a pas d’un côté les méchants, comme le capitaine Moustache - qui rappelle un peu le Loup des mers, de Jack London - et les gentils, façon Tom Sawyer et Hucleberry Finn (de Mark Twain), mais des êtres humains, jeunes et moins jeunes, avec leurs complexités et contradictions. 

 

Et puis il y a la nature, inquiétante. 

Toujours la plus forte. 

C’est dans sa manière de décrire les éléments naturels qu’on reconnait un grand écrivain (en devenir ici). Toujours à la manière de Conrad (ce qui n’est pas peu dire), il décrit la moiteur, l’humidité de ses contrées où le soleil semble avoir renoncé à transpercer les nappes de brouillard et de brumes. 

 

Beau comme le jeune G.M.G Le Clézio des romans de voyage, Edouard Jousselin a également su camper une galerie de personnages, tous plus attachants les uns que les autres (on peut s’y perdre parfois, tant ils sont nombreux, seul bémol, quand on zappe d’une scène à l’autre, comme dans une série Netflix), par leur profil psychologique, mais surtout il donne à voir et à ressentir (la marque des grands, répétons-le).

 

Nous sommes au large du Chiliavec Vald et son ami Joseph, à bord d’un vraquieret ça pue. Ça pue la merde de cormorans, censée servir de fertilisant, mais sur le fresque esquif qui dérive, ça macère, tel le limon originel. 

 

Le guano est l’or des pauvres, dans ces contrées perdues, où des lords exploitent les esclaves de la mer. C’est la lutte des classes, dans la crasse et la mer, qui se déchaine à ses heures, sous un ciel encore plus menaçant. 

 

La mort rode. 

Entre Libertad et Agousto, c’est la guerre (stratégique). 

Entre humains, c’est l’amour (sauvage). 

 

On copule, plus qu’on ne fait l’amour, comme des bêtes. 

 

Dans la cale, l’odeur est de plus en plus pestilentielle, on dirait qu’un cadavre y pourrit. La tension monte, au fil du récit, basé sur des faits historiques et très bien documenté. 

 

Ça va exploser, on le sent, en ville comme sur la mer. 

Il ne peut en être autrement, c’est inexorable. 

 

Dans toute cette histoire, ce sont les femmes qui morflent le plus, parce qu’elles n’ont aucun espoir. Elles permettent pourtant de rêver. Comme la littérature (toujours mieux qu’un film !). 

 

Souhaitons bon vent à ce nouvel auteur audacieux, dont on attend le deuxième roman avec curiosité.   

 

Guillaume Chérel

 

  

Les Cormorans, d’Edouard Jousselin, 

334 p, 20 €, Payot-Rivages

 

Le pitch

 

La vie du jeune Juan José bascule le jour où il est enrôlé de force comme matelot sur le vraquier du capitaine Moustache. Ce navigateur chevronné, bilieux et solitaire, est l’instigateur d’une terrible machination dont le mousse pourrait bien devenir l’un des rouages… Car au large du Chili, sur une île battue par les vents, se trouve le guano, une ressource qui a fait la richesse de toute la région et attise encore bien des convoitises… Nombreux sont ceux qui, dans ce paradis perdu, sacrifieront leurs idéaux et leurs proches pour transformer la fiente en or et infléchir le cours de leur destin.

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Édouard Jousselin est né à Montargis en 1989. Les cormorans est son premier roman -

 





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