ROMAN : LA BIBLIOTHÈQUE DU BEAU ET DU MAL

Undine Radzeviciute


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La littérature dans la peau


La Bibliothèque du Beau et du Mal Undine Radzeviciute



Introduction


  • « Regarde Axel, cet ouvrage est recouvert de peau humaine. »
  • « Une peau d’homme ? demanda le petit garçon. »
  • « De femme, probablement, expliqua Walter. »

Axel avança un doigt pour toucher le livre et le retira aussitôt.

 

  • « N’aie pas peur. Regarde, c’est un téton. Les humains ont ça sur leur poitrine. Toi aussi tu en en deux. »
  • « Non, maugréa Axel, je n’en ai pas. »
  • « Bien sûr si, mais les tiens sont plus petits. »
  • « Arrête d’effrayer mon fils ! s’écria Lotta. »
  • « C’est la toute première édition du marquis de Sade, s’émerveilla Walter. Cet exemplaire est couvert de la peau d’une aristocrate guillotinée. »

 

Et là vous vous dites beurk ! Qu’est-ce que c’est que ce délire (de lire ?!). Qui mieux que l’éditeure de La bibliothèque du Beau et du Mal, chez Viviane Hamy, elle-même autrice d’Un destin Russe (Gallimard, 2016), roman inspiré de la vie de son grand-père cosaque, pour en parler : « Vous avez aimé « Le Parfum », de Patrick Süskind, et « Le Nom de la Rose » d’Umberto Ecco, vous aimerez cet étonnant roman de la lituanienne Undine Radzeviciuté ».

 

Nous sommes à Berlin, pendant la République de Weimar, en 1926. Walter a hérité de la prestigieuse bibliothèque de son grand-père, dont certains des volumes sont reliés avec la peau d`un animal en accord avec leur contenu. Tous sauf un, on l’a vu, auquel Walter voue une véritable fascination : la fameuse édition du marquis de Sade. Une merveille de « bibliopégie anthropodermique ». Lotta, Sa demi-sœur, jalouse de cet héritage, est une femme trompée et blessée, en quête de moralité et de vertu dans ce Berlin décadent. Quant à Maus, tanneur sourd-muet et ami d`enfance de Walter, il ne voit le monde que par les Dix Commandements. Leur destin va basculer le jour où un bel étudiant, à la peau diaphane, éconduit par sa fiancée se jette sous les roues de la Mercedes de Walter…

 

Rencontrée à Marseille, lors de sa tournée des librairies indépendantes, Lise Chasteloux, nous a dit son enthousiasme à la lecture de la Lauréate du prix du Livre européen en 2015 – par ailleurs historienne et critique d’art, considérée comme une des grandes voix de la littérature lituanienne -, car l’autrice interroge avec « humour et subtilité », dixit, les contours de la liberté et nous offre une vision surprenante d’une société en crise où se révèle la complexité du monde. ». Effectivement, point besoin d’avoir faire médecine, ou d’être nécrophile, morbide, ni même bibliophile compulsif (ou les trois), il suffit d’aimer la littérature qui bouscule, dérange, réveille de la routine des livres marketés, formatés pour caresser le « grand » public dans le sens du poil. Ici, il se hérisse de plaisir avouable.

Guillaume Chérel

 

 

« La Bibliothèque du Beau et du Mal », de Undine Radzeviciute,

traduit du lituanien par Margarita Barakaukaite-Le Borgne, 352 p, 23, 50 €, Viviane Hamy .





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