GUSTAVE FLAUBERT : GUY DE MAUPASSANT, CORRESPONDANCE

Le Passeur Éditeur


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Maître Flaubert et son élève de Maupassant


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Introduction


Sous-titré : « La terre a ses limites, mais la bêtise humaine est infinie », la correspondance entre Gustave Flaubert, en fin de vie (il est mort à 57 ans), et le jeune Guy de Maupassant, en passe de créer son œuvre, est une gourmandise littéraire. Elle donne l’impression d’être avec eux, au-dessus de leur tête quand ils s’écrivent. On aimerait être une petite souris pour assister à leurs diners avec Tourgueniev et Zola. 


S’ils avaient eu des smartphones, Gustave aurait « gueulé » que ça l’empêche de travailler (il attaque « Bouvard et Pécuchet », son dernier roman inachevé) mais il aurait demandé des nouvelles du Tout-Paris littéraire à son jeune Bel-Ami protégé, qu’il appelle parfois « mon chéri »…

 

Guy de Maupassant (23 ans au début de leur rencontre) fut la consolation, en même temps que l’orgueil, des sept dernières années de la vie (de labeur) de l’auteur de « Madame Bovary ». Guy était le fils de Laure Le Poittevin (devenue de Maupassant par son mariage) et le neveu d’Alfred Le Poittevin, tous deux amis d’enfance et de jeux de Flaubert. 

 

L’apprenti écrivain rendit à l’écrivain vieillissant l’affection qu’il lui portait. C’est touchant de constater comme il suit docilement - au début tout au moins -, ses conseils littéraires, au point de s’attribuer en partie les idées du « maître » (comme il l’appelle parfois lui), en même temps que ses méthodes d’observation et de composition. 

 

Au début, Guy est timide, il lui raconte ses difficultés pour gagner sa vie comme critique littéraire (à qui le dites-vous !), malgré ses recommandations, et il lui sert d’yeux pour le repérage des côtes normandes… 

 

Enfin, il s’enhardit, et ose lui faire part de ses convictions politiques, tel un jeune chien-loup affamé. L’ours mal léché lui répond fermement, de manière concise, mais avec humour. Il en a vu d’autres. Guy de Maupassant s’ennuie au Ministère de la Marine, ce qui l’empêche de se consacrer à sa future œuvre. Flaubert ahane sur son dernier livre et travaille comme mille. Nous sommes en 1880 lorsque Guy de Maupassant publie Boule de Suif : 

 

« Ce petit conte restera, soyez-en sûr !, lui écrit-il. Quelles belles binettes que celles de vos bourgeois ! Pas un n’est raté (…)  J’ai envie de te bécoter pendant un quart d’heure ! Non ! Vraiment, je suis content ! Je me suis amusé et j’admire. »

 

On imagine comme son « neveu » dût être fier : 

 

« Il m’a donné des notions littéraires que je n’aurais pas acquises après quarante ans d’expérience », confessera Maupassant. 

 

Les éditions Persée avaient déjà édité cette courte correspondance, en 1994, mais un rappel était nécessaire. Tous deux méprisaient le petit esprit bourgeois, les coteries littéraires, la soutane… et l’égalitarisme, donc le suffrage universel. 

 

Dans cette correspondance, qui va crescendo, transparait clairement la bienveillance paternaliste de l’aîné envers son cadet, en qui il décèle du talent. Un pan de vie partagée avec deux génies de la littérature française et mondiale. Un privilège offert (quasi, 7, 50 € seulement !) par Le Passeur, une maison d’édition qui porte bien son nom.

 

Guillaume Chérel

 

Gustave Flaubert / Guy de Maupassant : La terre a des limites, mais la bêtise humaine est infinie. Correspondance, 249 p, 7, 50 €, Le Passeur éditeur. Correspondance, 249 p, 7, 50 €, Le Passeur éditeur.


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