La Route Sauvage


De Willy Vlautin (adapté au cinéma par Andrew Haigh).

Par  Guillaume Chérel.



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Chronique littérature


J'en parlais à son cheval

Ou un livre à revoir.


La Route Sauvage livre
Willy Vlautin


La Route sauvage raconte l’histoire d’un gentil ado à qui il n’arrive que des galères – en résumé – et qui sympathise avec un cheval de course (de niveau régional) qu’il veut sauver de la boucherie (pour avoir perdu, épuisé qu’il était… malgré le dopage).

 

Les éditions Albin Michel ont la bonne idée de rééditer ce roman de l’américain Willy Vlautin (étonnamment appelé La route sauvage alors que le titre original était Lean on Pete, le nom d’un cheval) en même temps que le film de l’anglais Andrew Haigh. 

 

Ce livre avait été publié par les regrettées éditions 13e Note, en 2012, sous le titre (encore plus bizarre !) : « Cheyenne en automne »).

 

A propos, rappelons que c’est Francis Geffard qui fut un des premiers à publier ces récits du wilderness (ou Grand Dehors), dans sa collection Terres d’Amérique (*), il y a de cela plus de vingt ans, bien avant Gallmeister, très en vogue en ce moment.

 

Rendons-donc à César un travail réalisé notamment sur la littérature amérindienne, également entrepris chez Hoëbeke avec Michel LeBris, sans oublier feu la collection Nuage Rouge aux Editions du Rocher.

 

Bref, le roman traduit par Luc Baranger a été fidèlement adapté au cinéma. C’est assez rare pour le souligner…

 

On regrettera cependant, parfois, un manque de rythme, due à la réalisation à l’européenne d’Andrew Haigh, qui se veut léchée, stylisée.

 

Vous savez, ces plans qui durent trois plombes pour voir un garçon qui mange des corn-flakes… Ok, c’est pour souligner son sentiment de solitude. Capito.

 

Reste l’interprétation rafraîchissante du jeune Charlie Plummer, en ado sain et sportif qui ne demande qu’à avoir un vie normale d’un garçon de son âge.

 

Chloë Sevigny campe une « cow-girl » au rôle trop court dans le film, et Steve Buscemi est excellent comme d’habitude en vieil exploiteur de chevaux devenus dur et bourru au fil des années mais qui a un bon fond.

 

Pour le reste, le Livre de Willy Vlautin, comme le film d’Andrew Haigh coule comme un long fleuve pas du tout tranquille.

 

On sent que ça va se terminer mal, tout ça… et bien pas du tout !

Le happy-end fait chaud au cœur.

 

Un beau film/roman noir à visionner avec des ados amoureux des chevaux, par exemple (pleurer au cinéma ça défoule).

 

La Route Sauvage, film de Andrew Haigh, d’après le roman de Willy Vlautin (Editions Albin Michel, 306 p, 20 €). Avec Charlie Plummer, Chloë Sevigny et Steve Buscemi. Sortie le mercredi 25 avril. 

 

 

(*) Dans la même collection, Terres d’Amérique, Albin Michel et Francis Geffard publient Le Miel du Lion (416 p, 23 €), premier roman, noir et lyrique, remarqué de l’américain Matthew Neill Null, qui raconte l’histoire de bûcherons venus du quatre coins du monde en Virginie-Occidentale, en 1904, dans l’espoir d’avoir une vie meilleure.     

 Guillaume Chérel

Relecture : Pascale Barbey





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